26.11.2008

Carnet de route du Portugal

Pour commencer, les Déboussolés vous proposent une petite vidéo pour résumé ce périple portugais.

Mercredi 13 août 2008 : Capbreton (France) – Fafe (Portugal)

Les yeux pleins de sable, nous avons quitté Capbreton (Landes) mercredi 13 août à 05h30. Nous avons pris la route direction le Portugal via l’Espagne. Les autoroutes espagnoles traversent les campagnes, les champs, puis les montagnes. Au loin, nous apercevons des pèlerins qui se dirigent vers Saint Jacques de Compostelle (très certainement pressés d’arriver pour le 15 août !).

Nous passons la frontière portugaise vers 12h30 heure locale (moins 1h vis à vis de la France). Nous passons devant un petit bâtiment de granit aux volets fermés, abandonné, qui faisait très certainement office de poste frontière il y a encore quelques années.

Nous traversons des forêts d’eucalyptus, longeons des collines verdoyantes garnies des vignes grimpantes. Le linge sèche au bord des routes, les décorations pour les processions du 15 août s’installent tranquillement.


chapeau-blog.jpgNous arrivons à Fafe où nous avons eu la chance de rencontrer « Tatie chapeau », qui nous a fait visiter sa petite fabrique. Si tout a bien fonctionné, vous aurez droit à un reportage à notre retour.

La famille qui nous accueille vend des pâtisseries et des pains aux marchés. En fin d’après midi, lorsque nous rentrons, tous préparent les poches de gâteaux pour les vendre le lendemain. Sophie aide à la tâche. La barrière de la langue n’empêche pas des regards, des sourires et des explications avec les mains. Le rangement des biscuits doit être minutieux. Sophie prend son rôle très au sérieux … et Vincent regarde tranquillement la scène avec une bière à la main !!!

Après notre premier dîner en terres portugaises, nous tombons de sommeil et partons nous coucher rapidement.


Jeudi 14 août 2008 : Fafe – Barcelos – Braga – Santo Ovido

 

Au réveil, la table du petit déjeuner est remplie de viennoiseries traditionnelles. Nous ne savons lesquelles choisir.

Nous partons pour Barcelos au marché. Nous nous croyons encore en France tellement il y a de voitures françaises et surtout, difficile d’entendre parler portugais selon les stands. Pas vraiment Déboussolés sur le coup … ! Ceci dit, le marché est vraiment magnifique. Ici se mélangent légumes, vêtements, paniers, chapeaux, fleurs, pains, volailles vivantes … sur des centaines de mètres carrés de stands. A la mi-journée, les commerçants sortent leur casse-croûte (souvent à base de riz) et mangent en attendant les clients (ci-dessous le diaporama).

 

 

 

L’après-midi, nous allons à Bom Jesus, site religieux (et touristique !) qui surplombe la vallée de Braga.

 

En fin d’après-midi, nous nous rendons à Santo Ovido, un tout petit village dont la chapelle surplombe la vallée. Nous traversons la place où une scène et des décorations sont installées (dimanche aura lieu une procession pour célébrer le saint local ; les pèlerins viennent ici pour prier le Saint de l’ouïe). Nous nous laissons guider par le son des chants folkloriques diffusés par des haut-parleurs accrochés au clocher de la chapelle. Ici, le temps semble s’être arrêté.

Au détour de la chapelle, nous improvisons une discussion avec le gardien. Après 5 minutes d’échange, nous n’avons toujours pas compris ce qu’il cherchait à nous expliquer.

En redescendant la colline, nous flânons quelques minutes sur une place où des enfants jouent au Mèco (jeu de quilles et de palets). En observant les mimiques et les invectives de ces gamins, nous comprenons que les petits portugais ne sont pas passionnés que par le football !

De ces premiers jours de voyage, nous retenons que la barrière de la langue nous plonge dans des situations frustrantes et sympathiques.


Vendredi 15 août 2008 : Penha – Rendufe – Fafe

Penha-Blog.jpgPenha est un immense parc près de Guimarães. Il est vallonné, jonché d’énormes rochers en granit et parcouru par de nombreuses marches. Les familles portugaises s’y retrouvent souvent. Certaines y organisent leurs réunions de familles lors de pique-niques géants. Il n’est pas rare de voir des hommes, tôt le matin, garder les tables en pierre afin de réserver la place. Nous avons donc pu voir des familles entières, endimanchées, attablées en diverses points stratégiques avec réchauds et énormes marmites bien calées sur des blocs de granit.

Niveau gastronomie, nous aussi avons été gâté : bolinhos (beignets de morue), poulet grillé au pili-pili arrosé d’une pression locale bien fraîche et pudding (sorte d’œufs au lait très compacts aromatisés à l’orange (un délice). L’ensemble accompagné d’un fond musical fort sympathique. Que du bonheur …

Ensuite, nous avons voulu observer de plus prés la ferveur religieuse de la population portugaise. L’été, c’est assez facile car de nombreuses processions ont lieu dans les villages. Chaque petit lieux-dit a sa chapelle, son saint ou sa vierge à vénérer. On nous a conseillé d’aller à Rendufe pour y suivre la procession du 15 août. Ce fut notre deuxième moment de dépaysement total (le 1er étant Santo Ovido). D’abord, plus l’ombre d’un touriste. Ensuite, nous avons pu écouter un rancho (groupes de chants et de danses folkloriques). Vincent a fait quelques prises de son, ça vaut le détour. Le public suivait avec attention et certains passionnés dansaient aux premiers rangs. Apparemment, on trouve encore beaucoup de fêtes traditionnelles dans le pays, mais nous nous sommes laissés dire que, fautes de moyens financiers et surtout de relève des plus jeunes, toutes ces traditions devraient disparaître d’ici quelques dizaines d’années. Après la représentation, les habitants sont peu à peu venus gonfler les rangs de la procession devant la chapelle. Rendufe-Blog.jpgNous y avons croisé des fidèles habillés en personnages bibliques, des hommes qui portaient des statues représentant la vierge ou des Saints, mais encore des scouts, une fanfare, … tout ce cortège suivi par un groupe de femmes entonnant des chants religieux. C’était un moment très émouvant. Le recueillement était total.

Finissons avec une anecdote : Rendufe est un tout petit village à cheval sur 2 grandes communes. Il y a encore quelques années, il n’y avait pas de route, ni d’infrastructure (ces 2 communes se rejetant l’investissement financier), le village était donc coupé du monde. Si bien, qu’est née une expression dans les environs : « Va à Rendufe » qui veut dire « Va mourir » !!!

Pour finir la journée, nous avons été invité aux 79 ans de Joaquim. Encore une fois, nous avons savouré un repas succulent (beignets de porc, vitela cuite au four à bois(veau), riz à la portugaise et gâteau maison) et tout cela dans une ambiance chaleureuse (40 personnes pour une seule famille tout de même). Comme chez nous, ils chantent Parabéns (Joyeux anniversaire) avant de souffler les bougies.

Encore une fois, nous sommes allés nous coucher le ventre bien rempli et les yeux pleins d’images.


Samedi 16 août 2008 : Arcos de Valdevez – Ponte da Barca – Ponte Lima – Fafe

Ponta-da-barca-blog.jpgCe samedi fut l’occasion d’une promenade avec une famille portugaise dans des villages du nord du Portugal. Pour commencer, nous avons flâné dans les ruelles d’Arcos de Valdevez où José (l’oncle de Vincent) nous a raconté quelques anecdotes de son enfance. Nous nous sommes régalés d’un plat local : l’arroz de pato a antiga (riz de canard à l’ancienne : canard + orange + riz complet + chorizo + ventrèche). Ensuite nous avons découvert 2 petites villes parcourues de ponts : Ponte da Barca et Ponte Lima. La route pour y arriver est magnifique (vignes et vallées surplombées de majestueuses Quintas). Nous avons longuement discuté avec Maria qui est professeur de portugais et de français dans un collège. Nous avons pu en savoir plus sur la vie ici, notamment celle des jeunes.

Enfin, notre dernière étape fut une belle découverte : les sardinhas. Dans un restaurant populaire, nous avons mangé des sardines grillées enroulées dans des bolos (galettes de maïs). Le vinho verde vient rincer les gorges sèches et colorer les langues (d’un beau violet). Une séquence Miam vous racontant cette soirée devrait voir le jour à notre retour. Cerise sur le gâteau, 3 hommes ont sorti des guitares et ont entonné des chants populaires pour le plus grand plaisir de tout le monde. L’ambiance y était plus que conviviale ; le public chantait, riait, tapait des mains sous le regard amusé d’une télé perchée dans un coin diffusant un match de Porto (ben, on ne se refait pas !).

Ce fut notre dernière soirée à Fafe. Demain nous partons vers la région du Douro.

Cette première étape portugaise fut riche (en calories (!!!) et en rencontres), ensoleillée, souriante et chaleureuse.

A propos de calories, voici une vidéo des Déboussolés qui vous fera découvrir le Michidos (déssert portugais)


Merci particulièrement à Victor (les traductions !!!), Isabelle, Goretti (l’hospitalité et la cuisine), Joaquim, Nathalie, José, Maria (les longues discussions), Tino, Pedro, Sarah, Victor (le local), Nella (les gâteaux maisons) et tous les autres que nous avons oublié.

Dimanche 17 août 2008 : Fafe – Amarante – Quinta do Ervedal

Amarante-blog.gifNous avons quitté Fafe direction Amarante où nous avons fait notre 1er pique-nique. La ville est charmante et il est agréable de s’y promener le long de la rivière.

Mais quel rapport avec la photo ? En fait, ce gâteau de forme phallique est associé au culte de Santo Gonçalo, patron d’Amarante que les habitants fêtent en janvier et en juin. La population a attribué à ce saint des dons de « marieurs ». Ces gâteaux sont des sortes d’icônes que les demoiselles associaient aux prières et aux rituels pour trouver un fiancé (plus efficace que Meetic ?).

Ensuite, nous avons roulé vers Santa Marinha de Zezere et la Quinta do Ervedal. C’est un magnifique site qui surplombe la vallée où nous logerons 3 nuits. L’après-midi fut l’occasion de laver un peu de linge au lavoir et d’organiser notre séjour dans cette superbe région.

Lundi 18 août 2008 : Baião – Quinta do Ervedal


Après une longue nuit réparatrice, nous avons profité des environs de la quinta pour faire une promenade dans la campagne. Selon les conseils d’Isabel (la propriétaire), nous devions longer un petit ruisseau pour y découvrir une cascade. En bons déboussolés que nous sommes, nous nous sommes perdus, et n’avons donc jamais trouvé cette cascade En revanche, nous avons déambulé au hasard des petits hameaux, et avons pu apprécier les vignes grimpantes, les orangers, les oliviers, les figuiers chargés de fruits et les châtaigniers. Nous
avons croisé des grands-mères tressant la paille pour faire les chapeaux, du linge séchant au bord des chemins et des chiens peu heureux quinta.jpgde voir des touristes traverser leur territoire.

Le point d’orgue de cette promenade fut la traversée d’un pont immense reliant deux collines et laissant passer sous ses pieds le fleuve du Douro et la voie de chemins de fers allant à Porto. Vincent a voulu mesurer la hauteur. Son idée était simple : en crachant vers le bas, il suffisait de compter le nombre de secondes avant l’impact. Résultat : vent violent de face ; crachat 1 – Vincent 0.

En rentrant, rien de mieux qu’une petite tête dans la piscine pour se rafraîchir.

Le soir, nous avons dîné à la table des hôtes où les propriétaires et les visiteurs se retrouvent. Ce repas fut au-delà de nos espérances. En effet, nous avons dîné avec un couple de milanais, Sylvia et Paolo, ainsi qu’une cousine d’Isabel et de son fils, tous deux portugais. Le portugais, l’italien, le français et l’anglais se mélangeaient permettant ainsi à tout le monde de se comprendre. Pour terminer le repas, Henrique, le piscine.jpgmari d’Isabel, nous a proposé un porto. Selon le protocole traditionnel, le propriétaire se sert en premier. Il fait passer la carafe à son voisin de gauche pour que le service se fasse dans le sens des aiguilles d’une montre. Enfin, une fois tout le monde servit, Henrique termine la cérémonie en refermant lui-même la carafe. Une précision importante : lorsque chaque convive se sert, jamais la carafe ne doit toucher la table.

Ce fut une soirée absolument formidable. Nous nous sommes couchés au petit matin, des idées pleins la tête.


Mardi 19 août 2008 : Quinta do Ervedal – Pinhão – Sabrosa – Santuário de panóis - Vila Real


douro.jpgLa vallée du Douro est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Nous avons donc voulu profiter du paysage qu’offre cette région viticole. Nous avons suivi la route qui longe le fleuve du Douro. Il était difficile pour nous de faire plus de 10 km sans s’arrêter tant ce paysage sec, composé d’oliviers et de vignes était impressionnant. Les rangs de vignes décorent les collines comme des guirlandes sur les sapins de Noël.

Sur notre chemin, nous nous sommes arrêtés à Pinhão, petite ville avec une gare charmante. Des azulejos représentant des scènes de vendanges ou des travaux dans les vignes ornent les murs extérieurs de la gare.

Nous avons continué notre route vers Sabrosa, qui est un petit village à l’allure mexicaine perdu dans la montagne. Nous avons mangé des francesinhas (croque-monsieur arrosé d’une sauce tomate légèrement piquante).

Nous avons continué notre route vers Panóis pour y visiter un sanctuaire romain. Bon, autant le dire tout de suite, il faut être passionné d’histoire et/ou d’archéologie pour en profiter. En effet, c’est un site rocailleux où l’on pratiquait des sacrifices d’humains et d’animaux. Vous l’aurez compris, nous ne sommes pas fans (sauf Vincent, la nuit, à la pleine lune avec un masque de Scream ! y’a t-il des amateurs ?).

Nous avons continué notre route vers Vila Real, histoire de faire le plein pour les pique-niques.

Nous sommes rentrés à la quinta en fin d’après-midi et avons pu visiter l’atelier de peinture d’Henrique (pour plus d’information sur ses toiles, cliquez sur ce lien).

Ensuite, Isabel nous a raconté l’histoire de la quinta. Toutes ces informations feront l’objet d’un reportage dans les prochains mois (et oui, le temps de tout écouter, regarder, monter, corriger… ).

Mercredi 20 août 2008 : Quinta do Ervedal – Porto

PORTO.jpgNous avons quitté la quinta à la mi-journée après des adieux très chaleureux. Nous remercions sincèrement Isabel, pour avoir pris le temps de nous présenter sa maison et de nous avoir guidés dans cette région du Douro. Merci aussi à Henrique pour la visite de l’atelier, les découvertes musicales et le porto. Enfin, merci à Sylvia et Paolo pour les discussions et leur parfait français.


Grâce à Sophie (véritable GPS sur patte), nous avons trouvé facilement notre logement à Porto (c’est un hôtel que nous avions réservé sur le net). Dès l’après-midi nous sommes partis à la découverte de cette ville. La 1ère surprise est le nombre d’églises ou de chapelles au mètre carré. Sophie parcourait les rues escarpées à la recherches des azulejos pendant que Vincent se laissait guider. Nous avons fait aussi un détour par la FNAC (histoire de voir jeter un œil aux produits culturels proposés ici). A ce propos, voici une photo dédicace aux amateurs de BD (ils se reconnaîtront).


Le soir, nous avons dîné dans un restaurant où se produisaient trois chanteurs de fado. Nous vous ferons partager ce moment grâce à quelques prises de son.


Jeudi 21 août 2008 : Porto


Nous avons poursuivi la visite de la ville en commençant par faire un tour au marché de Bolhão où nous avons remarqué que seules les femmes tenaient les commerces.

Après avoir flâné dans la ville, nous sommes allés visiter le musée de la photographie. Le bâtiment est une ancienne prison que le PORTO2.jpgMinistère de la Culture a investit en 1997. Bien entendu quelques anciens appareils sont montrés là, dans des vitrines, un photomaton est rangé le long d’un couloir, on y découvre aussi plusieurs expositions remarquables de styles très différents.

Pour circuler, nous avons utilisé le métro. A ce propos, si quelqu’un peut nous éclairer sur le fonctionnement des titres de transport, nous sommes preneurs (nous ne sommes pas certains d’avoir payé tous nos voyages …).

Porto est une jolie ville (surtout la vieille ville). Mais la campagne commence à nous manquer.

Ce matin, nous prenons la route vers Nazaré.

Jeudi 22 août 2008 : Porto – Nazaré – Patio do Vale

 

Nous avons quitté Porto le matin direction la côte et Nazaré.

poisson-blog.jpgNous avons emprunté une autoroute immense et … déserte. Peu à peu les paysages changent : des forêts de pins prennent formes, les villages sont de plus en plus espacés … Le vent chahute la voiture mais nous arrivons entier dans une cité portuaire nommée Nazaré.

Ici, malgré le tourisme de masse, des traditions persistent. Par exemple, à tous les coins de rue, vous croiserez de vieilles dames qui proposent des chambres à louer, vous verrez également le poisson sécher en bord de plage, et pour les plus chanceux, vous pourrez assister à l’arrivée des pêcheurs, dont les bateaux sont tirés de l’eau par des bœufs (de plus en plus rare). Nous avons déjeuné les fesses dans le sable, à l’abris du vent derrière une bicoque en bois. Notre baignade fut écourtée par le vent et les courants froids de l’océan Atlantique. Mais partir de Nazaré sans grimper jusqu’à Sitio (la vieille ville perchée sur la falaise)se serait passer à côté d’un point de vue à couper le souffle.

Pendant cette escapade, nos narines étaient en éveil : l’odeur des sardines grillées, celle de l’embrun (et non l’enclume comme dirait Vincent !), la morue séchée, … nous aurions tellement voulu vous ramener ces effluves dans une boîte à odeur, mais, nous n’en n’avons toujours pas trouvé !

Une fois les poumons remplis d’une bonne dose d’air iodé, nous reprenons la route pour Alcobaça et le Patio Do Valeeolienne-blog.jpg. Encore une fois, heureusement que nous nous sommes trompés de direction, sinon nous n’aurions pas vécu un moment très spécial. Nous sommes tombés nez à nez avec un parc d’éoliennes, le Parque Eólico de N.a Senhora da Vitriaó : des tours immenses (~70 m de haut) dont les hélices caressent le ciel et déchirent le silence d’un puissant ronronnement. On s’y est senti tout petit face à cette confrontation harmonieuse entre la Nature et la Technologie (sur la photo, regardez bien la taille de la toute petite voiture à côté de la tour, c'est nous !). Bref, nous ne sommes pas sortis indemnes de cette rencontre.

Nous avons tout de même fini par retrouver notre route et atteindre la maison d’ Aldy. Nous aurons l’occasion de décrire cet endroit tout aussi magique où nous avons passé 2 journées. Pour les plus impatients, vous pouvez voir quelques photos sur son blog (en cliquant ici).


Encore une fois, les paysages ont changé ; nous sommes ici dans une région agricole, productrice de pommes et de poires. On peut aussi y trouver quelques moulins à vent toujours utilisés pour y moudre le blé. Nous avons terminé la journée près de l’un d’entre eux : les meuniers y ont installé des jarres sur les hélices qui produisent des mélodies au gré du vent. Ce fut pour nous un bon moment de sérénité.

moulin-blog.jpgNous débutons la soirée avec une brochette de français qui comme nous ont apprécié le Porto (19°) et la très bonne cuisine d’Aldy. Il y avait aussi un couple de Belges avec qui nous avons beaucoup discuté. Tiens, Belgique, Italie, des prochains parcours ne seraient-ils pas en train de se construire ?

Le Porto et le Vinho verde ont eut raison de nous. Nous nous sommes couchés impatients de découvrir ce (et ceux) qui nous entourent.

Nazar--blog-2.jpg


Samedi 23 août 2008 : Patio do Vale – Rio Maior - Óbidos


saline-blog.jpgAprès le petit déjeuner et les confitures maison d’Aldy, nous avons eut la chance d’observer le ramassage de pommes dans les champs voisins. Guidés par Marisa (qui aide Aldy à la maison), nous avons interviewé Alexandre qui nous en a expliqué le fonctionnement … Manque de bol, la batterie du caméscope est tombée en rade au bout d’un petit quart d’heure. On s’est retrouvé comme 2 quiches à lui demander si on pouvait repasser dans l’après midi.

Aldy nous a conseillé de passer par les salines de Rio Maior (elles datent du paléolithique et sont alimentées par des eaux souterraines). Nous n’avons pas été déçu du voyage. Un morceau de bout du monde à 35 km de la mer ! Des cabanes en bois bordent ces espaces blancs. Le sel scintille comme mille diamants sous le soleil écrasant. Le bleu du ciel adoucit le paysage. Ici, peu de touristes ; une odeur de poulet grillé s’échappe des cahutes et la source ruissèle dans un calme apaisant. L’artisanat local vaut le détour (assiettes, bols et … salières finement décorés).


Après le calme, nous nous sommes lancés à l’assaut d’Óbidos : village magnifique mais indiqué dans tous les guides donc très touristique. Notre défi fut donc de parcourir les ruelles les plus éloignées de l’artère principale afin de fuir la foule. Ce ne fut pas facile, mais malgré tout nous avons pu profiter du charme de ces rues pavées de galets ronds où les maisons sont richement fleuries.pommes-blog.jpg


Dans l’après-midi (une fois la batterie rechargée !!), nous sommes retournés voir Alexandre et toute la famille de Marisa qui ramassaient, cette fois-ci, des poires. Nous avons fini l’interview et avons même pu les aider à finir de rassembler les cageots dans une ambiance chaleureuse et familiale. Sous un soleil de plomb, jeunes, vieux, hommes et femmes s’activent vers la remorque du tracteur. Nous avons apprécié cette proximité et l’authenticité de cette famille. Encore merci à tous pour cette rencontre.


La soirée fut encore accompagnée de la cuisine d’Aldy ainsi que d’une nouvelle brochette de gaulois venant des quatre coins de la France.

Dimanche 24 août 2008 : Patio do Vale - Tomar


tomar-blog.jpgLe départ de chez Aldy fut difficile tant nous nous sentions bien dans cette maison. Il y a tant de choses à découvrir dans cette région qu’il faudrait y passer au moins 5 jours. Nous partons vers Tomar.


Sur la route nous passons par Fatima (le Lourdes du Portugal) où en 1917, 3 jeunes gens y ont vu des apparitions divines. Le site est bétonné et des bus entiers se massent sur des kilomètres de parking. Nous ne faisons que passer pour atteindre Tomar


A Tomar, nous avons visité le convento do Cristo (merveille architecturale datant des Templiers) inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le site est grandiose : une église décorée de sculptures, peintures et gravures, une salle immense digne des chevaliers de la table ronde, pas moins de 7 cloîtres (dont certains couverts d’azulejos) et des centaines de fenêtres qui permettent d’admirer le paysage alentour. Ici habitent encore des moines. Le couloir menant au dortoir laissé échapper des chants et des notes de violon.


La fatigue commençant à se faire sentir, nous avons décidé de retrouver notre hébergemetomar2-blog.jpgnt pour la nuit. Les indications données par mails nous ont permis d’arriver à la quinta da Anunciada Velha. C’est une immense maison de maître qui règne sur une propriété viticole. Première déconvenue du voyage, on nous annonce que la chambre réservée a été donnée par erreur à un autre couple. Mais la propriétaire semble avoir lu notre précédente note (jamais sans nos coups de bol) et nous propose pour le même prix un studio : royal !!!


On a pu se prélasser dans la piscine et faire le plein d’énergie avant le trajet de demain : 4 heures de route pour descendre dans l’Algarve (la côte sud du Portugal).


Lundi 25 août 2008 : Tomar – Alte – Santa Barbara de Nexe

Alte-blog.jpgAprès un solide petit déjeuner, nous prenons la voiture pour Faro. L’autoroute traverse le panorama somptueux de l’Alentejo (région du Portugal) : champs d’oliviers, eucalyptus, pins parasol, … la terre devient plus sèche. Les paysages sont vraiment différents de ceux du nord.

Notre première rencontre avec les terres de l’Algarve fut le petit village d’Alte. Pour y arriver, la route était désertique, poussiéreuse, bordant des terres rouges et traversant des champs d’orangers. Encore une fois, nous nous serions crus au Mexique ; si bien que nous espérions voir passer Zorro chevauchant Tornado…

Alte est un village silencieux, fleuri de lauriers roses, aux rues pavées et aux murs blancs. Son église datant du XVIII° siècle a été reconstruite en 1755 après un tremblement de terre. C’est une vieille dame faisant son crochet au frais dans l’église qui nous a donné ces explications en portugais (merci lBarbara-blog.jpga plaquette en français sur la table).

Nous avons continué vers Santa Barbara de Nexe pour y rejoindre la Casa Charneca.

Heureusement que nous avions des indications, car c’était un vrai jeu de piste qui nous a permis de découvrir un trésor. La maison est perchée sur une colline et la terrasse sur le toit offre un point de vue de toute beauté sur Faro. L’accueil est très chaleureux et les bons conseils de Thierry et de Ronny devraient nous permettre de découvrir l’Algarve loin des touristes. C’est pour nous un défi vu que cette région est le bassin touristique du Portugal. Vous voulez une preuve ? C’est la première fois depuis notre périple que nous voyons ces immenses banderoles « we speak English » sur la façade des cafés !!

Nous avons terminé la soirée à contempler les étoiles allongés, sur le toit.

Mardi 26 août 2008 : Santa Barbara de Nexe - Carvoeiro

Bien matinal, Vincent a eu la chance d’observer le lever du soleil (peut-être une prochaine vidéo en ligne ?).

crique-blog.jpgCe matin, nous sommes partis pour une course au trésor. L’objectif : trouver une crique paradisiaque et surtout déserte. Selon les indications de Thierry (notre hôte), en garant la voiture à Carvoeiro, puis en longeant à pied les falaises, nous devrions trouver notre bonheur.

Nous voici donc partis, plus motivés que jamais, sous un soleil de plomb (oui mamans, nous nous sommes bien badigeonnés de crème solaire). Les falaises oranges et ocres contrastent avec une mer bleue turquoise. Cette mer qui nous nargue et qui ne nous offre aucun accès. Les petits chemins escarpés sont bordés de cactus, de petits buissons secs, de palmiers et d’arbres dont nous ne connaissons pas les noms. Nous n’avons croisé personne pendant ce parcours, mis à part un petit serpent (malgré sa phobie, Sophie a été très courageuse). Après plus d’une heure de marche, nous avons trouvé un accès pentu vers une petite plage déserte ; enfin presque, un pêcheur est planté là sur un rocher à 10 mètres de la plage. Nous jouons aux Robinsons et improvisons une petite cabane (rochers, paillasse et serviettes) pour manger à l’abri du soleil. Le retour fut plus rapide et nous avons trouvé une autre crique (avec un peu plus de monde). Nous en avons profité pour faire un peu de plongée (masque et tuba) dans cette eau bien fraîche. Jamais nous n’avions vu autant de poissons (ils formaient des « nuages »). L’eau était limpide et le fond composé de banc de sables, de récifs aux couleurs variées et d’une flore exceptionnelle. Un grand moment …

Cette journée sportive nous a bien épuisé, nous envisageons de nous poser un peu demain et de profiterrobinson-blog.jpg de la piscine.

Mercredi 27 août 2008 : Santa Barbara de Nexe - Faro


Après une rapide visite de Faro (la vieille ville et la Marina), nous avons passé l’après-midi à une activité nouvelle pour nous : farniente !


Jeudi 28 août 2008 : départ de Santa Barbara de Nexe


Lorsque nous nous sommes levés ce matin, une légère mélancolie s’est emparée de nous. L’idée de quitter le Portugal, pays chaleureux où nous avons passé d’excellents moments, nous rend un petit peu tristes.

Mais le ciel exceptionnellement gris (il a fait toujours beau jusqu’à aujourd’hui) semble nous souffler : « allez les petits, il est temps de partir … ». Alors, nous avons fait nos valises et après un dernier « au revoir » à Thierry et Ronny, nous prîmes la route direction Espanha.


Merci à toutes les personnes que nous avons croisé pendant ces 2 semaines. Toutes ces rencontres, des plus furtives (parfois un regard, un geste ou un sourire) aux plus longues, nous ont beaucoup touché.

Il nous reste tant de choses à voir de ce pays (l’alentejo par exemple), tant de discussions à poursuivre et de plats à goûter.

Adeus Portugal et Obrigado …

(Petite vidéo des Déboussolés en hommage)