10.11.2008

Carnet de route en Andalousie

Jeudi 28 août 2008 : Sanlùcar de Barrameda

Un pont traversant le Rio Gradiana relie le Portugal et l’Espagne. Nous sommes entrés dans ce nouveau pays à 13h40. Le soleil nous attendait à la « frontière », comme pour nous souhaiter la bienvenue. La chaleur andalouse n’est pas une légende. Les paysages ressemblent à ceux que nous venons de quitter (secs, parsemés d’oliviers, d’orangers et de cactus), mais avec de grands champs en plus.

A partir de Huelva, et pendant au moins 10 km, chaque pylône électrique est habité par un nid de cigogne. Peut-être est-ce ici leur quartier général où elles fabriquent les bébés pour les déposer dans nos maisons ?

Ensuite, nous traversons difficilement l’arrondissement de Séville. Des centaines d’enseignes géantes bordent une rocade surchargée.

Une fois arrivés à Sanlùcar de Barrameda (au nord de Cadiz) nous partons à la recherche de notre hébergement. Ce ne fut pas aussi facile que prévu. La ville est jolie, mais … ça reste une ville avec sa circulation (grosse galère pour se garer !), son agitation et son bruit. Nous avons finalement décidé de n’y passer qu’une seule nuit afin de rejoindre l’intérieur des terres, vers la sierra de Grazalema. Nous espérons y trouver un peu plus de tranquillité.

Cette journée de transition est marquée par la difficulté de faire le « deuil » du Portugal. Les quelques mots ou expressions d’usages que nous avions appris ne nous sont plus d’aucune utilité. Pourtant, il ne nous est pas rare de dire « obligado » à la place de « gracias » !

En fait, nous allons devoir trouver le rythme espagnol si nous voulons profiter un maximum de ce pays !!

Vendredi 29 août 2008 : Sanlùcar de Barrameda – Arcos de la Frontera – Grazalema

arcos-blog-2.jpgNous nous sommes levés à l’aurore ce matin. Après un rapide petit dèj’ en bord de plage où nous avons observé le soleil se lever, nous prenons la route vers les « villages blancs ».

Le 1er (et non un des moindres) est Arcos de la Frontera. Il est 9h30 et il fait encore bon dans ces ruelles escarpées. Ce village andalou, qui domine la vallée du Rio Guadalete, est un véritable labyrinthe où nous avons aimé nous perdre. Il y flotte une douceur de vivre que nous apprécions. Nous finissons la matinée dans un troquet où la musique (type flamenco) de la radio couvre les discussions viriles de quelques habitués. C’est une clientèle exclusivement masculine qui se trouve là. A tel point que les toilettes pour dames sont encore fermés à clé à 11h du matin.

Nous rejoignons ensuite Grazalema. C’est encore un village blanc (plus petit celui-ci). Nous décidons d’y passearcos-blog.jpgr le reste de la journée ainsi que la nuit. A 16h00, la chaleur est écrasante. Les rues sont vides, mais les maisons bouillonnent de vie. En effet, les volets clos laissent échapper des voix d’hommes et de femmes, de la musique, des cris d’enfants farceurs et de lointaines télévisions. Mais vers 20h00, le paysage se transforme. Tout le monde se retrouve sur la place du village ou dans les bars. Une ambiance joyeuse flotte dans les airs se laissant porter par un vent frais, rafraîchissant la vallée. On s’est assis à une terrasse à observer ces tranches de vie en dégustant quelques tapas. Vincent a goûté son 1er gaspacho et Sophie attend avec impatience de manger une vraie tortillas. Ça y est, nous prenons enfin le rythme et peu à peu ce pays s’offre à nous.

Samedi 30 août 2008 : Grazalema – Zahara de la sierra - Benaojan

sierra-blog-2.jpgCe matin, nous avons emprunté des routes qui serpentent la sierra pour atteindre Zahara. Dominé par une ancienne forteresse Maure, le village surplombe un lac vert qui scintille au milieu de montagnes aux cimes déchiquetées. Nous retrouvons la même douceur de vivre dans ce petit village aux façades blanchies que dans ceux traversés précédemment. Après une petite balade, nous nous enfonçons dans la sierra. Ce paysage pourtant aride nous subjugue. Il y a une âme dans ces sierras. Quelque chose d’irrationnel qui vous prend aux tripes et vous transporte. Il semble que chaque falaise, chaque rocher essaye de nous dire quelque chose. Cette vallée est vivante, nous en sommes certains. Tout à l’air mort, mais pourtant, avec un peu de patience, vous apercevrez la danse d’un aigle impérial au-dessus des pitons rocheux, si vous vous baissez vous pourrez observer ces petites fleurs qui se font une place dans cette terre sèche, et si vous prêtez l’oreille, vous entendrez tous ces insectes et infimes bestioles qui attendent la fraîcheur du soir pour sortir.

sierra-blog.jpg

Après une telle contemplation sous un soleil écrasant, nous avons retrouvé Benaojan où nous faisons étape pendant 2 jours.

Dimanche 31 août 2008 : Benaojan - Ronda

Notre découverte du jour fut Ronda. Cette ville touristique située dans le sud de l'Andalousie, est surtout connue pour :

- Son pont « Puente Nuevo » (98 m de haut) avec son précipice impressionnant qui sépare la vieille ville de la partie plus récente. Vu d’enronda-blog.jpgbas, la ville semble prête à tomber dans le vide !!!
- Ses arènes qui sont les plus anciennes de toute l'Andalousie (construites en 1785).

Nous avons adoré cette ville à taille humaine qui mixe tradition andalouse (corrida, flamenco, bodegas, …) avec culture arabe, héritage des Maures (façades blanches, arabesques, bains, portes, …).

Quelques minutes après notre arrivée dans le centre, nous remarquons qu’une banda se forme prés des arènes. Vincent n’ayant encore fait aucune prise de son en Espagne, branche son enregistreur MD au cas où. L’orchestre ouvre la marche et à chaque mètre la foule grossie : boule de neige colorée qui dévale une montagne pavée. Discussions animées et cuivres reluisants oeuvrent ensemble pour installer une ambiance festive. La banda stoppe le rassemblement sur une place ombragée et déroule son répertoire pour le plaisir des anciens (assis sur des bancs) et des plus jeunes (gesticulant et dansant en rythme). Nous ne comprenons pas vraiment ce qu’il se passe, pourtant il semble bien que le public attend quelque chose. Et puis, très rapidement, de jeunes femmes en costumes traditionnels descendent de calèches fleuries. Elles défilent sous des applaudissements et des « Olé » venant d’un public admiratif. Tout ce beau monde se poste devant une statue. A ce moment nous comprenons que ça doit être une sorte d’hommage. Après nous être renseignés, il s’agissait d’un hommage à Pedro Romero (matador né à Ronda en 1754, considéré comme l’inventeur de la corrida). La feria de Ronda commencera la semaine prochaine.

Ronda-blog-2.jpgNous quittons la foule pour nous promener dans la vieille ville. Nous traversons le Puente Nuevo. Là, les ruelles sont plus calmes. Des musiciens sont installés à l’ombre des lauriers en fleurs. Ces airs de musique traditionnelle flottent paisiblement dans la cité. Nous sommes en Espagne, nous n’en doutons pas un instant. En empruntant un petit sentier, nous arrivons au pied du pont. C’est vraiment un ouvrage impressionnant. Pour la petite histoire, son architecte y est mort pendant la construction. Le malheureux bascula dans le ravin alors qu’il voulait rattraper son chapeau qui s’envolait…


L’heure avance, nos estomacs commencent à se faire entendre. Histoire de ne pas tomber dans un piège à touristes, nous suivons les conseils culinaires du Routard : un petit resto coincé derrière une place où l’on y sert des tapas. Difficile de choisir. Heureusement, nous tombons sur un serveur tout à fait accueillant et patient malgré le monde. Il prend le temps de nous expliquer les différentes tapas proposées, rien qu’à l’entendre parler, c’est un régal… Nous optons pour celles au chorizo et piment/jambon accompagnées d’une assiette d’aubergines frites au miel. C’est tout simplement un délice, une douceur sucrée/salée qui a un goût du reviens-y !

Nous quittons la foule pour nous promener dans la vieille ville. Nous traversons le Puente Nuevo. Là, les ruelles sont plus calmes. Des musiciens sont installés à l’ombre des lauriers en fleurs. Ces airs de musique traditionnelle flottent paisiblement dans la cité. Nous sommes en Espagne, nous n’en doutons pas un instant. En empruntant un petit sentier, nous arrivons au pied du pont. C’est vraiment un ouvrage impressionnant. Pour la petite histoire, son architecte y est mort pendant la construction. Le malheureux bascula dans le ravin alors qu’il voulait rattraper son chapeau qui s’envolait…


L’heure avance, nos estomacs commencent à se faire entendre. Histoire de ne pas tomber dans un piège à touristes, nous suivons les conseils culinaires du Routard : un petit resto coincé derrière une place où l’on y sert des tapas. Difficile de choisir.
jambonblog.jpgHeureusement, nous tombons sur un serveur tout à fait accueillant et patient malgré le monde. Il prend le temps de nous expliquer les différentes tapas proposées, rien qu’à l’entendre parler, c’est un régal… Nous optons pour celles au chorizo et piment/jambon accompagnées d’une assiette d’aubergines frites au miel. C’est tout simplement un délice, une douceur sucrée/salée qui a un goût du reviens-y !

Le soir, nous sommes partis un peu à l’aveuglette pour dîner à Benaojan. Nous avons tourné (comme d’hab), viré (encore) pour échouer dans un petit restau près de la gare. Là encore, la serveuse nous a expliqué avec la plus grande patience la carte. N’y connaissant rien, nous avons suivi ses conseils et goûté le cochon noir. Nous avons terminé avec un gâteau maison : une mousse cannelle, raisins, pignons… nos regards se sont croisés et aussitôt, nous avons pensé au michidos !


Bref, vous l’aurez compris, cette journée a été vraiment chargée, tant en émotions qu’en découvertes (culturelles et gastronomiques).


Demain, nous quittons Benaojan pour Jatar, un village à 1h au sud de Grenade.


Lundi 1er septembre 2008 : Benaojan - Jatar


Nous reprenons la route afin de rejoindre Jatar.

La route dans les sierras est toujours magnifique, mais en arrivant vers la côte et Malaga : horreur !!! Des kilomètres de béton ravagent le paysage. De l’asphalte et du bitume à perte de vue. Des milliers d’appartements enchevêtrés les uns sur les autres, sans aucune logique esthétique. Bienvenue sur la Costa del Sol. Un panneau d’une marque de fast-food (celle avec le M jaune) nous l’annonce avec fierté : « Costa del Sol, 22 restaurante Mc … ». Nous voici prévenus. Heureusement, au bout d’une heure d’autoroute, nous bifurquons dans les montagnes nous éloignant de ce monde de brutes.

Pour trouver Jatar, rien de plus simple : la route, stoppée par les montagnes, s’arrête au bout de ce village. Après nous être installés dans notre logement, il nous est arrivé un truc de déboussolés !!!

jatarblog.jpgCatherine (notre hôte), nous propose que son fils (Lupo, 12 ans) nous guide dans les montagnes afin d'aller nous baigner dans des piscines naturelles. Comme les chemins sont plutôt des pistes caillouteuses, elle nous prête son 4x4 (un vieux Mercedes qui a dû connaître toutes les guerres). Nous nous lançons donc dans l’aventure avec notre petit guide. Ce dernier est un mélange de Mowgli et d’Indiana Jones. Il connaît les montagnes comme sa poche et nous donne les noms de tous les arbres et animaux que nous croisons (tiens, un serpent …). Petite précision : toutes les discussions avec Lupo se font en anglais, sa langue maternelle (ce n’est encore pas aujourd’hui que nous progresserons en espagnol !).

Vincent d’abord intimidé par le monstre d’acier, s’est assez vite (à notre grande surprise !) senti à l’aise, sauf peut-être quand il a dû traverser le torrent en seconde ; « surtout ne freine pas ! » ordonnait Lupo.

Une fois le véhicule arrêté, nous constatons que nous sommes entourés de montagnes. Nous suivons l’aventurier en herbe qui nous fait prendre des sentiers escarpés et escalader des rochers afin d’arriver dans sa piscine naturelle. L’eau transparente et le reflet du soleil donne envie de se jeter dedans mais … elle est glacée !!!! En poursuivant à la nage et en escaladant encore 2-3 rochers, nous atteignons un autre bassin un peu plus chaud avec une petite cascade. Le pied !!! Tous ces efforts en valaient vraiment la peine.

jatarblog2.jpg

Au retour, nous prenons une autre piste avec un magnifique point de vue sur la vallée et les champs de tomates. Après avoir piqué des fraises dans les champs alentours, Lupo nous guide jusqu’à la maison. Le plus fou c’est que cet après midi complètement dingue pour nous était en fait pour ce gamin, qu’une promenade banale.

Mardi 02 septembre 2008 : Jatar – Grenade - Alhama

Ce matin là, nous avons décidé de partir pour Grenade afin d’y visiter l’Alhambra. Ce lieu très touristique a dû limiter son nombre de visiteurs quotidien à … 7 700 personnes ! Et pour cause, c’est ici le site le plus visité d’Espagne. 90 % des places s’achètent à l’avance sur le net. Nous, nous sommes partis, sans réservation (la veille, tout était réservé pour les 4 jours suivants). Nous comptions bien sur nos coups de bol pour obtenir sur place le fameux sésame. Au pire, nous nous sommes dits qu’il y aurait toujours quelque chose à voir dans les environs.

 

alhambrablog3.jpg


Après 1h30 de route et le passage de la ville encombrée de Grenade, nous sommes arrivés au parking de l’Alhambra. Ici, le parking se paie… à la minute ! Vincent commença à paniquer en voyant le nombre de bus garés.


Malgré nos craintes, nous obtenons rapidement 2 tickets (YES !!!).


alhambrablog2.jpgAlhambra est une cité arabe construite au Moyen-Age et encore intacte. Elle est cernée de remparts et composée de palais, bains, mosquée, patios, jardins. Nous nous sommes émerveillés devant les arabesques, les sculptures, les plafonds en forme d’étoiles. Il est vraiment difficile pour nous de décrire cette beauté architecturale, et même nos photos ne reflètent pas ce que nous avons vu. Les couleurs, la lumière, l’ambiance, les parfums rajoutent à cette visite une atmosphère mystérieuse mêlant poésie, spiritualité, romantisme…



Ce n’est pas pour rien que ce lieu fut longtemps appelé par les arabes, « Le paradis perdu ».


C’est à l’heure espagnole, aux environs de 16h00, que nous avons déjeuné en terrasse. Pour le moment, la meilleure tortilla que nous ayons mangé, c’est celle de Carole (jeune mariée qui se reconnaîtra).


Nous avons digéré notre repas dans une source d’eau chaude indiquée par Catherine et Lupo.


Nous avons terminé cette journée en beauté avec un repas gargantuesque : soupe maison, gigot de chevreau accompagné de ses pommes de terres, de pommes farcies aux fruits rouges, d’épis de maïs, d’oignons et de ventrèches ! Rien que ça !


Ce soir nous disons au revoir à cette véritable auberge espagnole : une anglaise mariée à un allemand, un cuisinier autrichien, une employée marocaine et deux enfants nés en Espagne.

Nous avons adoré cette mixité culturelle.


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