24.03.2009

Carnet de route : la Crète en hiver

Lundi 22 décembre : Toulouse – Munich – Athènes


Après avoir passés une excellente soirée avec 2 déboussolés à Toulouse (merci Aurélie et David), nous nous sommes levés à 04h30 pour prendre notre 1er avion de la journée vers Munich. Nous avons eu la chance d’admirer le lever de soleil sur les Alpes : un spectacle de toute beauté !

lever-soleil-alpes2.jpg

Dans l’avion, nous avons croisés Stéphanie Ledoux (voir la chronique sur son blog) … en feuilletant notre magazine. En effet, elle a illustré le dernier numéro de Terres sauvages.

Nous voilà donc, à attendre à l’aéroport d’Athènes. Sans trop comprendre pourquoi, nous attendons plus longtemps que prévu. Nous ne playmo-aeroport.jpgsavons pas combien de temps cela va durer. Finalement, nous avons patienté 5 heures (au lieu des 2 initialement prévues) en essayant de nous faire traduire tant bien que mal les évolutions. Sophie a tout de même trouvé le moyen de se faire de nouveaux petits camarades : Alain et Madeleine, deux français qui ont acheté une maison et un champs d’oliviers en Crète il y a presque 10 ans. Ils nous ont invité à venir cueillir des olives (c’est la saison en ce moment). On verra bien si on passe dans le coin.

Le dernier vol de la journée est agité, mais on se dit lors de l’atterrissage très rock’n Roll, que le pilote n’en n’est pas à son coup d’essais. Une bonne dose d’adrénaline tout de même !

A l’aéroport, André et Annie nous attendent avec une petite pancarte spéciale Déboussolés (notre nom et une grosse boussole !). Heureusement qu’ils sont là pour nous mettre sur la bonne route direction Chania. Ha oui, car il fait nuit noire et une tempête balaie l’île. Grâce à notre sexy GPS (Sophie quoi !), nous trouvons sans trop de problème l’adresse de Joseph (Casa di Pietra dans la vieille ville) qui attendait patiemment malgré notre retard. Juste le temps de nous faire visiter la chambre et de nous conseiller un petit resto (« very good food and not expensive »). On fera plus ample connaissance demain.

Le resto était effectivement une super adresse. Une petite porte sans grande signalisation qu’il faut pousser. A l’intérieur, une ambiance chaleureuse et une musique grecque nous accueillent. On comprendra plus tard que c’est un ancien hammam turc. Nous y avons dégusté une salade crétoise et du poulet avec une purée d’aubergines. Au déssert, raki (eau de vie locale) cul sec et pâtisseries incroyables.

La ville ici vit encore tard. A 22h, les grecs arrivent encore par groupe pour venir dîner.

Malgré la fatigue et le voyage mouvementé, la bonne nouvelle est que l’on se sent très bien ici.

Vivement demain, que nous découvrions la ville à la lumière du jour.

Mardi 23 décembre : Chania

Lors de notre 1ère nuit à Chania, nous sommes tombés de sommeil malgré la tempête qui se déchaînait sur l’île. Le matin, nous avons pris notre p’tit déj’ sur le port. Les vagues (de plus de 10 mètres selon les habitants) ont causé beaucoup de dégâts pour les restaurants en bord de mer. Tout le monde s’affaire, balai en main, pour nettoyer les devantures. Certains tentent de récupérer un morceau de tonnelle dans l’eau, d’autres enlèvent la boue … bref, nous comprenons qu’hier soir, ça a soufflé très fort (ce qui explique notre atterrissage plutôt « sportif » de la veille !)

Ce matin, nous en profitons pour prendre un peu de temps pour discuter avec Joseph. Il nous offre du vin de sa production et des biscuits de Noël que sa femme a cuisiné. Après cet échange chaleureux, nous partons à la découverte de la vieille ville.


mosqu-e-Chania-Blog.jpg

Notre 1er coup de coeur se trouve à l’intérieur de la mosquée. Nous y découvrons une exposition d’un artiste originaire d’Athènes (sculptures en fer et en verre). Nous vous en parlerons un peu plus tard.

Ensuite, nous nous perdons dans les ruelles (de vrais labyrinthes colorés et animés !). Nos pérégrinations nous mènent à la cathédrale Orthodoxe. Nous pénétrons timidement à l’intérieur où nous avons pu observer une cérémonie. Vincent en profite pour enregistrer quelques chants religieux.

Nous continuons notre découverte en allant faire un tour au marché couvert (bâtiment en forme de croix) : poissonniers, bouchers, fromagers (la feta ressemble à de la crème chantilly, imaginez la légèreté !) mais aussi plusieurs petits restaurants où les locaux viennent y grignoter les plats cuisinés.


combat-de-tete-chania.jpg

Vers 14 heures, nous goûtons de délicieuses pitas (morceaux de viande grillés enveloppés dans une galette). Et dans ce lieu branché, quelle ne fût pas notre surprise d’entendre passer la chanson « Comme un ouragan » de Stéph’ de Monaco !!! Et en VO s’il vous plaît !

Nous avons ensuite contemplé les toits de la ville, grâce à une promenade digestive sur les hauteurs d’un bastion.

Toits-Chania-blog-copie-1.jpgNous avons clôturé l’après-midi en parcourant le port jusqu’au phare et en nous perdant dans les ruelles de la vielle ville. Ici, on trouve des orangers et des citronniers à chaque coin de rues. C’est étrange d’être en hiver et de voir autant de fruits dans les arbres !

Sur le chemin du retour, nous sommes arrêtés par un restaurateur qui nous entend parler français. Il connaît bien notre région car il y a travaillé (dans un château près de Libourne). Il nous offre 1, puis 2, puis 3 raki tout en discutant. Autant d’alcool à 17h, nous n’avons pas l’habitude !! Sacré accueil Crétois !!


Après une courte pause (histoire de décuver !), Joseph nous propose … de goûter son vin (rouge biologique)… bref, à trois, la bouteille y est passée ! Avant de partir dîner, nous espérons fortement que le prochain restaurateur ne nous offrira pas un verre de plus ! Faut quand même que l’on pense à dessaouler !

Demain nous prévoyons notre 1ère sortie hors de la ville.


Mercredi 24 décembre : Chania - Presqu’île d’Akrotiri

Après avoir pris notre petit déjeuner dans une taverne très sympa, nous prenons la voiture pour explorer la presqu’île d’Akrotiri.

Nous commençons par le tombeau de Vénizélos (homme politique grec, mort en 1936). Nous contemplons la baie, les montagnes enneigées et Chania.

Plage-deserte.jpgNous traversons plusieurs minuscules villages portuaires comme Tersanas et Stavros. Le temps est très couvert et, période hivernale oblige, ces lieux sont désertiques. C’est amusant de s’asseoir sous une paillote vide et d’écouter le vent souffler dans les palmiers. Tout semble à l’abandon, comme si pendant l’hiver, l’homme laisse la nature reprendre ses droits. Un peu comme dans « Je suis une légende » pour ceux qui ont vu le film. Et dire que dans quelques mois, des touristes de tous horizons viendront s’agglutiner sur cette mini plage, comme l’ont fait nos mascottes lors de la photo souvenir avec le père Noël.

Nous trouvons tout de même une taverne ouverte en bord de route avec une mamie à l’intérieur en train de lire son journal, c’est Irène. Elle nous propose une table, tire une chaise et s’assoit avec nous (on se croirait être chez une de nos mamies !). Elle nous demande tout tranquillement ce que l’on veut manger. Comme souvent, nous répondons (en anglais) « Qu’avez-vous cuisiné aujourd’hui ? » (nous sommes rarement déçus, car c’est l’occasion de goûter des plats locaux). Encore une fois, bonne pioche ! Irène, nous apporte deux énormes plâtrées de pâtes à la viande et à la béchamel, accompagnées de l’incontournable salade grecque. Après quelques mots échangés et un dernier sourire, nous quittons la taverne le ventre plein !


L’après-midi, nous visitons le monastère d’Agia Triada. Quelle magnifique expérience. L’endroit était (presque) désertique : juste nous, des chats et le vent qui s’engouffrait dans l’enceinte. Sans vouloir faire de mysticisme de bas étage, nous avons ressenti beaucoup de bonnes vibrations au sein de ce lieu paisible. Encore une fois, en lisant des panneaux sur les portes, nous comprenons qu’en été, ce lieu doit être perturbé par des centaines de touristes en short !


monastere.jpg

Nous poursuivons la journée dans les montagnes où nous observons, au cours d’une promenade des chèvres sauvages (assez timides !). Nous terminons la balade vers une grotte – la grotte Katholiko - qui abrite un des 1er lieu culte de lîle (VI eme siecle avant J-C.).


coucher-de-soleil-montagne.jpg

Plus tard, de retour dans la ville, nous mangeons pour notre réveillon de Noël, une superbe Moussaka (petite astuce cuisine pour ceux qui veulent essayer : ils mettent de la cannelle dans la sauce béchamel !).


Nous décidons d’aller voir comment les Grecs célèbrent Noël. Coup de chance, la cathédrale Orthodoxe se trouve juste en face de l’église Catholique. Nous avons donc pu découvrir facilement les 2 cérémonies (forcément totalement différentes !)… Cela étant, nous avons trouvé un point commun : nous avons entendu dans chacun de ces 2 lieux … un téléphone portable sonner !!!


Nous avons apprécié le recueillement des fidèles et leurs chants très émouvants. Et puis, c’est 2 lieux de culte face à face faisaient parfois unisson lorsque les cloches de la cathédrale Orthodoxe se mêlaient aux chants Catholiques. Une des raisons pour laquelle nous aimons beaucoup cette ville, c’est qu’ici, cohabite une population aux origines et croyances différentes. Chacun peut pratiquer sa religion, croire en son Dieu tout en respectant son voisin… A méditer.


Nous finissons la soirée par une balade nocturne dans les rues de la vielle ville.

Encore une fois, nous tombons de sommeil. Pas de berceuse.

Jeudi 25 décembre : Chania – Georgioupoli – Kournas – Vrysses – Chania

Ce matin, le soleil pointe son bout de nez, il fait 17°C. Nous quittons Chania direction Georgioupoli en longeant la côte. Dans ce petit port, rien de particulier à y voir en cette saison, si ce n’est une église construite le long de la jetée. Nous y faisons une courte halte.

eglise-rocher1.jpg

En effet, notre objectif était de nous promener autour du lac de Kournas qui est le seul lac d’eau douce de toute la Crète.

Nous y rencontrons une colonie de canards et d’oies… pas vraiment sauvages ! Un parmi eux, peu farouche, est venu se faire tirer le portrait.


canard-kournas.jpg

Ici, le calme et la pureté de la lumière nous laissent sous le charme, encore un petit coin de paradis…

Lac-kournas1.jpg

Nous flânons autour de lac en profitant pleinement de cette terre sauvage.

Lac-kournas-3.jpg

Nous trouvons un restaurant où les familles endimanchées se retrouvent pour fêter Noël. Au menu, ce sera tzatziki (yaourt au concombre et à l’ail) et viande grillée. Nous faisons un détour par le village de Kournas, et empruntons des pistes bien caillouteuses pour retrouver Vrysses, la capitale du yaourt au miel. Arrêt oblige, nous faisons une dégustation dans une taverne. Au moment de payer, le restaurateur nous offre des beignets au miel que nous ne pouvons refuser. On se dit alors que l’hospitalité crétoise nous vaudra au moins 3 kg supplémentaires au retour !

Nous rentrons à Chania, le ventre encore une fois bien plein.

Vendredi 26 décembre : Chania – Kolymbari - presqu’île de Rodopos – Afrata - Phalassarna - Kissamos


Ce matin, la mer est calme, le soleil nous donne même un 21°C bien agréable. Nous quittons la Casa di pietra pour regagner Kissamos, qui se trouve à une quarantaine de kilomètres à l’Est de Chania.


Nous longeons la côte et découvrons les villes balnéaires complètement désertes. Des courageux font quelques brasses dans la mer. Certains hôtels sont en réparation, les boutiques de souvenirs sont fermées, les marchands de glaces aussi.


En bord de route, de nombreuses de maisons sont inachevées. Nous avons déjà rencontré ce phénomène au Portugal. Beaucoup d’habitations sont commencées et, par faute de crédit, les travaux sont stoppés pour plusieurs années parfois.


Beaucoup de routes sont également en travaux. Nous comprenons qu’avant la saison estivale, les infrastructures sont réparées et nettoyées pour ainsi donner aux touristes une belle image de l’île. Et puis, comme nous l’avons vu depuis notre arrivée ici, la nature reprend pleinement ses droits en hiver… mais pas partout ! En effet, les églises et les cimetières sont toujours très propres et fleuris. Nous avons particulièrement aimé celui-ci, tourné vers les montagnes.

cimetiere-montagne.jpg

Avant Kissamos, nous faisons une halte à Kolymbari direction la presqu’île de Rodopos. La route nous mène jusqu’à Afrata où nous longeons la baie sous un magnifique soleil. La mer nous laisse apercevoir ses fonds turquoises. Au bout de la route, à Afrata Beach, nous découvrons une minuscule crique. Nous y apprécions le calme. Aucun de nous deux ne se laisse tenter par un bain dans la mer de Crète, qui n’est pourtant pas si fraîche !

Crique.jpg

Nous rentrons par le port de Kolymbari et y croisons quelques beaux visages. Nous en profitons pour déjeuner, et goûtons à une chocolatine dont le chocolat a été remplacé par du jambon et du fromage… fallait essayer !


Nous partons pour Phalassarna et sa plage de sable rose. Le ciel couvert et un début de pluie ne nous permettent pas de profiter pleinement de ce lieu.


plage-rose.jpg

L’agriculture est la principale activité de la région en dehors du tourisme. En effet, le long du rivage, les serres de tomates se comptent par dizaines. Les oliviers sont remplis, les branches s’affaissent sous le poids des olives. Nous sommes en pleine période de cueillette. Les véhicules chargés de sacs de jutes affluent sur les routes, direction les manufactures.

Dans notre nouvel hébergement, deux mamies nous accueillent. La conversation est un peu difficile, elles ne parlent pas l’anglais et donc encore moins le français. Nous arrivons à nous comprendre en faisant des signes. Bref, nous avons l’essentiel : une chambre pour la nuit.


voiture-olive.jpg

Samedi 27 décembre : Kissamos – Balos - Chania


Notre objectif du jour est de rejoindre Balos. Cette baie paradisiaque est un ancien repère de pirates.


Mais voilà, toute la nuit la pluie a joué avec nos nerfs !

En effet, pour atteindre l’extrémité de cette presqu’île, il faudra d’abord suivre une longue piste longeant les falaises que la pluie pourrait rendre impraticable. Donc suspense jusque vers 9hOO où le soleil pointe le bout de son nez. Nous fonçons alors avec notre voiture de poche (guère plus grosse que celle de nos playmobils !) direction Balos.

Quelle aventure ! Plus d’une heure de piste argileuse et caillouteuse, à se demander si l’on va pouvoir poursuivre. Les chèvres nous encouragent du regard et le soleil se fait de plus en plus fort, alors nous persistons. Encore un bel espace sauvage où des rapaces esquivent même notre appareil photo !

Une fois en haut du col (mais comment ont-ils fait pour faire monter ce bateau ici ???) la piste s’arrête. Il nous faut poursuivre à pied sur un chemin glissant. En scrutant l’horizon, de gros nuages semblent se former. Arriverons-nous avant la pluie ?

Ben oui !!! Et croyez-nous, nous sommes ravis d’avoir bataillés. Nos efforts ont largement étaient récompensés. Un paysage à couper le souffle, une ambiance « Pirates des Caraïbes » et des émotions vraiment fortes.


balos.jpg

Le temps d’atteindre l’eau turquoise pour nous tremper les pieds et voilà que le ciel se couvre. Nous comprenons alors qu’il ne faudra pas en demander plus. Comme dans les films de pirates, ce n’est pas parce que tu as trouvé le trésor que tu pourras repartir avec ! Alors, après avoir profité de ce repère, nous reprenons l’ascension pour retrouver la voiture.


sable-balos.jpg

Timing impeccable : à mi-chemin sur la piste, la pluie commence à tomber. Nous ne le savons pas encore, mais c’est la dernière fois que nous verrons autant de soleil !


De retour au village, nous fêtons notre victoire du jour dans une taverne en bord de mer. Des hommes chantent et trinquent au raki. On prend le rythme Crétois … et nous sortons de table à 17h00 !!!

En fin de journée nous rentrons à Chania pour retrouver Joseph et y finir notre séjour.

Le déboussolé en profitera pour tester une pharmacie crétoise : il a un rhume !


Dimanche 28 décembre : Chania

Ce dimanche matin : grasse mat’ !


Aujourd’hui, promenade dans la ville. Le tonnerre gronde et la pluie ne cesse de tomber alors nous restons tranquilles bien à l’abris dans des tavernes (Sophie en profite pour gagner quelques parties de poker !).

Lundi 29 décembre : Chania – Therissos - Chania


Le temps est couvert, nous en profitons pour quitter la côte et rouler vers les montagnes. Les paysages sont vraiment différents. Des pans entiers de montagnes sont habillés d’orangers et d’oliviers.


oranges.jpg

Nous découvrons un nouveau lac où vivent des colonies d’oiseaux (c’est un espace protégé). L’autre moitié du parcours nous permet d’emprunter une route sinueuse à travers des gorges d’ocres.


Le soir, nous mangeons chez Nikos (spécial dédicace pour Lému !). Nous commandons un peu au hasard. Résultat, on nous apporte une drôle de salade un peu amer recouverte d’huile d’olive. Nous pensons à des épinards … le lendemain, Joseph nous expliquera que c’étaient des algues !!! Bonne expérience tout de même que nous n’aurions certainement pas tentée si nous savions à l’avance ce que c’était !

Mardi 30 décembre : Chania – Arkadi - Rethimno - Chania


Nous décidons de passer la journée à Rethimno.


Avant cela, nous prenons la direction du monastère d’Arkadi, situé un peu plus loin dans les montagnes.

Arkadi2.jpg

Il se dégage de ces pierres orangées, une sérénité que nous avions déjà rencontré au monastère d’Agia Triada.

Arkadi.jpgLa porte de l’église est ouverte et un chat monte la garde assis sur une des chaises. A l’intérieur, tout semble prêt pour une prochaine cérémonie.

Nous nous promenons autour du monastère quand un homme nous fait signe d’approcher. Nous le suivons dans une petite pièce où quatre autres sont assis autour d’un feu. Ce sont des ouvriers qui travaillent ici l’hiver à la rénovation du bâtiment. Nous comprenons que c’est l’heure du casse-croûte (il est 10h00).

Ils nous font asseoir et nous servent une tasse de raki. Très vite le contact se créé (un parmi eux parle anglais) et ils partagent leurs gamelles avec nous. Vincent essaye de refuser un second raki, mais on lui rétorque : « tu as deux jambes non ? ». Imparable !

Nous avons passé une heure inoubliable à discuter et écouter de la musique. Il est très difficile de décrire cette chaleur, cette faculté qu’ont les crétois à partager le peu qu’ils ont. Bref, une grande leçon d’hospitalité.

En partant, la neige tombe, le ciel est gris. Mais nous avons des soleils à la place des yeux.


arkadi-ouvriers.jpg

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Vincent & Sophie
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Bienvenue chez les Déboussolés

Une nana, un type : presque 60 ans à nous deux et une volonté de découvrir le monde !

Notre défi : parcourir 10 pays en 3 ans !

Ce blog vous permettra de suivre nos aventures sous forme d'articles, de vidéos, de photos ou de reportages sonores (voir
sommaire).

Dimanche 18 janvier 2009



Casa di Pietra
(Chania)


Ici, un mot d’ordre, le sourire ! Cette petite pension (4 chambres) est tenue par un couple chaleureux. Joseph et Lula aiment transmettre l’amour qu’ils portent à leur île et à ses habitants. Si vous le souhaitez, ils se feront un plaisir de vous donner des conseils touristiques (les inratables) mais aussi gastronomiques avec les restaurants à découvrir et ceux où il ne faut même pas penser y effleurer le paillasson !!!

Située aux portes de la vieille ville, cette maison de style vénitien est joliment retapée. Tout est ici impeccable. Une coupelle de friandises nous attendait à l’arrivée… tous les jours garnie de nouvelles gourmandises et autres fruits de la région…

Joseph est également vigneron et amateur de vins. Si vous êtes sages, il vous fera certainement déguster un petit peu de sa production.

Pour d’autres renseignements ou pour réserver, n’hésitez pas à envoyer un e-mail. Joseph est très réactif. Dernière précision, quelques mots d’anglais seront nécessaires pour communiquer (ou bien le grec si vous pratiquez !).


Adresse :

Joseph & Lula Spiridoula

37 Theotokopoulou st., Old Harbour

Chania

Tel./Fax: + 302 821 088 541

casadipietra@freemail.gr


Pour voir quelques photos des chambres, accédez à leur site Internet en cliquant ici.

par Vincent & Sophie publié dans : Crète
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Dimanche 4 janvier 2009


Voici la carte de voeux 2009 des Déboussolés.

Portez-vous bien.

par Vincent & Sophie publié dans : Avant et après les voyages communauté : LE COIN DES CLIC-MANIAQUES
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Samedi 3 janvier 2009

Mercredi 31 décembre : Chania


Nous passons notre dernière journée en Crète à Chania. Nous flânons dans les rues commerçantes qui sont très animées aujourd’hui.


Nous nous laissons porter par une atmosphère festive : les gens sont chargés de paquets et les enfants harcèlent les commerçants en tapant sur un petit triangle en fer.


Nous saluons une dernière fois Joseph et Loula (qui nous emmènent encore des pâtisseries).


Le soir, nous rejoignons la place du marché où une fanfare essaye de faire patienter quelques hommes bien imbibés. Les pétards commencent à exploser à des rythmes de plus en plus rapprochés. Puis, les familles affluent et bientôt la place déborde de monde. Nous assistons à un spectacle de danse folklorique juste avant le décompte officiel du maire. A minuit, applaudissements et feu d’artifice résonnent en chœur.



Nous nous éloignons peu à peu de la foule et parcourons une dernière fois les ruelles de la vieille ville.


Jeudi 1er janvier : Chania – Athènes – Munich – Toulouse – Cenon


3 avions dans la journée et deux heures de voiture nous ramènent à la maison.


Nous ferons un petit bilan de la Crète en hiver dans quelques jours.


Ci-dessus quelques mots grecs pour vous souhaiter une bonne année !

par Vincent & Sophie publié dans : Crète communauté : BLOGS, en parler ...
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Mercredi 31 décembre 2008

Lundi 29 décembre : Chania – Therissos - Chania


Le temps est couvert, nous en profitons pour quitter la côte et rouler vers les montagnes. Les paysages sont vraiment différents. Des pans entiers de montagnes sont habillés d’orangers et d’oliviers.



Nous découvrons un nouveau lac où vivent des colonies d’oiseaux (c’est un espace protégé). L’autre moitié du parcours nous permet d’emprunter une route sinueuse à travers des gorges d’ocres.


Le soir, nous mangeons chez Nikos (spécial dédicace pour Lému !). Nous commandons un peu au hasard. Résultat, on nous apporte une drôle de salade un peu amer recouverte d’huile d’olive. Nous pensons à des épinards … le lendemain, Joseph nous expliquera que c’étaient des algues !!! Bonne expérience tout de même que nous n’aurions certainement pas tentée si nous savions à l’avance ce que c’était !



Mardi 30 décembre : Chania – Arkadi - Rethimno - Chania


Nous décidons de passer la journée à Rethimno.


Avant cela, nous prenons la direction du monastère d’Arkadi, situé un peu plus loin dans les montagnes.


Il se dégage de ces pierres orangées, une sérénité que nous avions déjà rencontré au monastère d’Agia Triada.


La porte de l’église est ouverte et un chat monte la garde assis sur une des chaises. A l’intérieur, tout semble prêt pour une prochaine cérémonie.


Nous nous promenons autour du monastère quand un homme nous fait signe d’approcher. Nous le suivons dans une petite pièce où quatre autres sont assis autour d’un feu. Ce sont des ouvriers qui travaillent ici l’hiver à la rénovation du bâtiment. Nous comprenons que c’est l’heure du casse-croûte (il est 10h00).


Ils nous font asseoir et nous servent une tasse de raki. Très vite le contact se créé (un parmi eux parle anglais) et ils partagent leurs gamelles avec nous. Vincent essaye de refuser un second raki, mais on lui rétorque : « tu as deux jambes non ? ». Imparable !


Nous avons passé une heure inoubliable à discuter et écouter de la musique. Il est très difficile de décrire cette chaleur, cette faculté qu’ont les crétois à partager le peu qu’ils ont. Bref, une grande leçon d’hospitalité.


En partant, la neige tombe, le ciel est gris. Mais nous avons des soleils à la place des yeux.


Vincent se remettra lentement de ses 4 rakis du matin, laissant à Sophie le soin de conduire tranquillement vers Rethimno.


Nous nous baladons dans la vieille ville composée de bâtiments de style vénitiens et turcs. Cette ville est chargée d’histoire. Différents peuples s’y sont succédés et y ont construits au fur et à mesure leur bâtiment.


En fin de journée, nous partageons avec Joseph et Loula (sa femme) une bouteille de Saint-Emilion que nous avions apporté dans nos valises… au cas où ! Ils répondent à toutes nos questions sur le mode de vie des crétois, sur les traditions, les coutumes…


Pour finir, nous dînons dans un minuscule restaurant (3 tables où ne tiennent même pas les assiettes, les verres et la corbeille de pain réunis) tenus par un couple de finlandais. La cuisine se trouve dans cette même salle. La femme cuisine, l’homme, lui, se charge du service en survêtement un peu usé, en claquettes et grosses chaussettes !


Vraiment quelle journée incroyable nous avons vécu aujourd’hui !

Mercredi 31 décembre : Chania


Nous passons notre dernière journée en Crète à Chania. Nous flânons dans les rues commerçantes qui sont très animées aujourd’hui.


Nous nous laissons porter par une atmosphère festive : les gens sont chargés de paquets et les enfants harcèlent les commerçants en tapant sur un petit triangle en fer.


Nous saluons une dernière fois Joseph et Loula (qui nous emmènent encore des pâtisseries).


Le soir, nous rejoignons la place du marché où une fanfare essaye de faire patienter quelques hommes bien imbibés. Les pétards commencent à exploser à des rythmes de plus en plus rapprochés. Puis, les familles affluent et bientôt la place déborde de monde. Nous assistons à un spectacle de danse folklorique juste avant le décompte officiel du maire. A minuit, applaudissements et feu d’artifice résonnent en chœur.



danse-cretoise.jpg

Nous nous éloignons peu à peu de la foule et parcourons une dernière fois les ruelles de la vieille ville.


Jeudi 1er janvier : Chania – Athènes – Munich – Toulouse – Cenon


3 avions dans la journée et deux heures de voiture nous ramènent à la maison.


Nous ferons un petit bilan de la Crète en hiver dans quelques jours.


voeux-grecs.jpg

Ci-dessus quelques mots grecs pour vous souhaiter une bonne année !


26.11.2008

Carnet de route du Portugal

Pour commencer, les Déboussolés vous proposent une petite vidéo pour résumé ce périple portugais.

Mercredi 13 août 2008 : Capbreton (France) – Fafe (Portugal)

Les yeux pleins de sable, nous avons quitté Capbreton (Landes) mercredi 13 août à 05h30. Nous avons pris la route direction le Portugal via l’Espagne. Les autoroutes espagnoles traversent les campagnes, les champs, puis les montagnes. Au loin, nous apercevons des pèlerins qui se dirigent vers Saint Jacques de Compostelle (très certainement pressés d’arriver pour le 15 août !).

Nous passons la frontière portugaise vers 12h30 heure locale (moins 1h vis à vis de la France). Nous passons devant un petit bâtiment de granit aux volets fermés, abandonné, qui faisait très certainement office de poste frontière il y a encore quelques années.

Nous traversons des forêts d’eucalyptus, longeons des collines verdoyantes garnies des vignes grimpantes. Le linge sèche au bord des routes, les décorations pour les processions du 15 août s’installent tranquillement.


chapeau-blog.jpgNous arrivons à Fafe où nous avons eu la chance de rencontrer « Tatie chapeau », qui nous a fait visiter sa petite fabrique. Si tout a bien fonctionné, vous aurez droit à un reportage à notre retour.

La famille qui nous accueille vend des pâtisseries et des pains aux marchés. En fin d’après midi, lorsque nous rentrons, tous préparent les poches de gâteaux pour les vendre le lendemain. Sophie aide à la tâche. La barrière de la langue n’empêche pas des regards, des sourires et des explications avec les mains. Le rangement des biscuits doit être minutieux. Sophie prend son rôle très au sérieux … et Vincent regarde tranquillement la scène avec une bière à la main !!!

Après notre premier dîner en terres portugaises, nous tombons de sommeil et partons nous coucher rapidement.


Jeudi 14 août 2008 : Fafe – Barcelos – Braga – Santo Ovido

 

Au réveil, la table du petit déjeuner est remplie de viennoiseries traditionnelles. Nous ne savons lesquelles choisir.

Nous partons pour Barcelos au marché. Nous nous croyons encore en France tellement il y a de voitures françaises et surtout, difficile d’entendre parler portugais selon les stands. Pas vraiment Déboussolés sur le coup … ! Ceci dit, le marché est vraiment magnifique. Ici se mélangent légumes, vêtements, paniers, chapeaux, fleurs, pains, volailles vivantes … sur des centaines de mètres carrés de stands. A la mi-journée, les commerçants sortent leur casse-croûte (souvent à base de riz) et mangent en attendant les clients (ci-dessous le diaporama).

 

 

 

L’après-midi, nous allons à Bom Jesus, site religieux (et touristique !) qui surplombe la vallée de Braga.

 

En fin d’après-midi, nous nous rendons à Santo Ovido, un tout petit village dont la chapelle surplombe la vallée. Nous traversons la place où une scène et des décorations sont installées (dimanche aura lieu une procession pour célébrer le saint local ; les pèlerins viennent ici pour prier le Saint de l’ouïe). Nous nous laissons guider par le son des chants folkloriques diffusés par des haut-parleurs accrochés au clocher de la chapelle. Ici, le temps semble s’être arrêté.

Au détour de la chapelle, nous improvisons une discussion avec le gardien. Après 5 minutes d’échange, nous n’avons toujours pas compris ce qu’il cherchait à nous expliquer.

En redescendant la colline, nous flânons quelques minutes sur une place où des enfants jouent au Mèco (jeu de quilles et de palets). En observant les mimiques et les invectives de ces gamins, nous comprenons que les petits portugais ne sont pas passionnés que par le football !

De ces premiers jours de voyage, nous retenons que la barrière de la langue nous plonge dans des situations frustrantes et sympathiques.


Vendredi 15 août 2008 : Penha – Rendufe – Fafe

Penha-Blog.jpgPenha est un immense parc près de Guimarães. Il est vallonné, jonché d’énormes rochers en granit et parcouru par de nombreuses marches. Les familles portugaises s’y retrouvent souvent. Certaines y organisent leurs réunions de familles lors de pique-niques géants. Il n’est pas rare de voir des hommes, tôt le matin, garder les tables en pierre afin de réserver la place. Nous avons donc pu voir des familles entières, endimanchées, attablées en diverses points stratégiques avec réchauds et énormes marmites bien calées sur des blocs de granit.

Niveau gastronomie, nous aussi avons été gâté : bolinhos (beignets de morue), poulet grillé au pili-pili arrosé d’une pression locale bien fraîche et pudding (sorte d’œufs au lait très compacts aromatisés à l’orange (un délice). L’ensemble accompagné d’un fond musical fort sympathique. Que du bonheur …

Ensuite, nous avons voulu observer de plus prés la ferveur religieuse de la population portugaise. L’été, c’est assez facile car de nombreuses processions ont lieu dans les villages. Chaque petit lieux-dit a sa chapelle, son saint ou sa vierge à vénérer. On nous a conseillé d’aller à Rendufe pour y suivre la procession du 15 août. Ce fut notre deuxième moment de dépaysement total (le 1er étant Santo Ovido). D’abord, plus l’ombre d’un touriste. Ensuite, nous avons pu écouter un rancho (groupes de chants et de danses folkloriques). Vincent a fait quelques prises de son, ça vaut le détour. Le public suivait avec attention et certains passionnés dansaient aux premiers rangs. Apparemment, on trouve encore beaucoup de fêtes traditionnelles dans le pays, mais nous nous sommes laissés dire que, fautes de moyens financiers et surtout de relève des plus jeunes, toutes ces traditions devraient disparaître d’ici quelques dizaines d’années. Après la représentation, les habitants sont peu à peu venus gonfler les rangs de la procession devant la chapelle. Rendufe-Blog.jpgNous y avons croisé des fidèles habillés en personnages bibliques, des hommes qui portaient des statues représentant la vierge ou des Saints, mais encore des scouts, une fanfare, … tout ce cortège suivi par un groupe de femmes entonnant des chants religieux. C’était un moment très émouvant. Le recueillement était total.

Finissons avec une anecdote : Rendufe est un tout petit village à cheval sur 2 grandes communes. Il y a encore quelques années, il n’y avait pas de route, ni d’infrastructure (ces 2 communes se rejetant l’investissement financier), le village était donc coupé du monde. Si bien, qu’est née une expression dans les environs : « Va à Rendufe » qui veut dire « Va mourir » !!!

Pour finir la journée, nous avons été invité aux 79 ans de Joaquim. Encore une fois, nous avons savouré un repas succulent (beignets de porc, vitela cuite au four à bois(veau), riz à la portugaise et gâteau maison) et tout cela dans une ambiance chaleureuse (40 personnes pour une seule famille tout de même). Comme chez nous, ils chantent Parabéns (Joyeux anniversaire) avant de souffler les bougies.

Encore une fois, nous sommes allés nous coucher le ventre bien rempli et les yeux pleins d’images.


Samedi 16 août 2008 : Arcos de Valdevez – Ponte da Barca – Ponte Lima – Fafe

Ponta-da-barca-blog.jpgCe samedi fut l’occasion d’une promenade avec une famille portugaise dans des villages du nord du Portugal. Pour commencer, nous avons flâné dans les ruelles d’Arcos de Valdevez où José (l’oncle de Vincent) nous a raconté quelques anecdotes de son enfance. Nous nous sommes régalés d’un plat local : l’arroz de pato a antiga (riz de canard à l’ancienne : canard + orange + riz complet + chorizo + ventrèche). Ensuite nous avons découvert 2 petites villes parcourues de ponts : Ponte da Barca et Ponte Lima. La route pour y arriver est magnifique (vignes et vallées surplombées de majestueuses Quintas). Nous avons longuement discuté avec Maria qui est professeur de portugais et de français dans un collège. Nous avons pu en savoir plus sur la vie ici, notamment celle des jeunes.

Enfin, notre dernière étape fut une belle découverte : les sardinhas. Dans un restaurant populaire, nous avons mangé des sardines grillées enroulées dans des bolos (galettes de maïs). Le vinho verde vient rincer les gorges sèches et colorer les langues (d’un beau violet). Une séquence Miam vous racontant cette soirée devrait voir le jour à notre retour. Cerise sur le gâteau, 3 hommes ont sorti des guitares et ont entonné des chants populaires pour le plus grand plaisir de tout le monde. L’ambiance y était plus que conviviale ; le public chantait, riait, tapait des mains sous le regard amusé d’une télé perchée dans un coin diffusant un match de Porto (ben, on ne se refait pas !).

Ce fut notre dernière soirée à Fafe. Demain nous partons vers la région du Douro.

Cette première étape portugaise fut riche (en calories (!!!) et en rencontres), ensoleillée, souriante et chaleureuse.

A propos de calories, voici une vidéo des Déboussolés qui vous fera découvrir le Michidos (déssert portugais)


Merci particulièrement à Victor (les traductions !!!), Isabelle, Goretti (l’hospitalité et la cuisine), Joaquim, Nathalie, José, Maria (les longues discussions), Tino, Pedro, Sarah, Victor (le local), Nella (les gâteaux maisons) et tous les autres que nous avons oublié.

Dimanche 17 août 2008 : Fafe – Amarante – Quinta do Ervedal

Amarante-blog.gifNous avons quitté Fafe direction Amarante où nous avons fait notre 1er pique-nique. La ville est charmante et il est agréable de s’y promener le long de la rivière.

Mais quel rapport avec la photo ? En fait, ce gâteau de forme phallique est associé au culte de Santo Gonçalo, patron d’Amarante que les habitants fêtent en janvier et en juin. La population a attribué à ce saint des dons de « marieurs ». Ces gâteaux sont des sortes d’icônes que les demoiselles associaient aux prières et aux rituels pour trouver un fiancé (plus efficace que Meetic ?).

Ensuite, nous avons roulé vers Santa Marinha de Zezere et la Quinta do Ervedal. C’est un magnifique site qui surplombe la vallée où nous logerons 3 nuits. L’après-midi fut l’occasion de laver un peu de linge au lavoir et d’organiser notre séjour dans cette superbe région.

Lundi 18 août 2008 : Baião – Quinta do Ervedal


Après une longue nuit réparatrice, nous avons profité des environs de la quinta pour faire une promenade dans la campagne. Selon les conseils d’Isabel (la propriétaire), nous devions longer un petit ruisseau pour y découvrir une cascade. En bons déboussolés que nous sommes, nous nous sommes perdus, et n’avons donc jamais trouvé cette cascade En revanche, nous avons déambulé au hasard des petits hameaux, et avons pu apprécier les vignes grimpantes, les orangers, les oliviers, les figuiers chargés de fruits et les châtaigniers. Nous
avons croisé des grands-mères tressant la paille pour faire les chapeaux, du linge séchant au bord des chemins et des chiens peu heureux quinta.jpgde voir des touristes traverser leur territoire.

Le point d’orgue de cette promenade fut la traversée d’un pont immense reliant deux collines et laissant passer sous ses pieds le fleuve du Douro et la voie de chemins de fers allant à Porto. Vincent a voulu mesurer la hauteur. Son idée était simple : en crachant vers le bas, il suffisait de compter le nombre de secondes avant l’impact. Résultat : vent violent de face ; crachat 1 – Vincent 0.

En rentrant, rien de mieux qu’une petite tête dans la piscine pour se rafraîchir.

Le soir, nous avons dîné à la table des hôtes où les propriétaires et les visiteurs se retrouvent. Ce repas fut au-delà de nos espérances. En effet, nous avons dîné avec un couple de milanais, Sylvia et Paolo, ainsi qu’une cousine d’Isabel et de son fils, tous deux portugais. Le portugais, l’italien, le français et l’anglais se mélangeaient permettant ainsi à tout le monde de se comprendre. Pour terminer le repas, Henrique, le piscine.jpgmari d’Isabel, nous a proposé un porto. Selon le protocole traditionnel, le propriétaire se sert en premier. Il fait passer la carafe à son voisin de gauche pour que le service se fasse dans le sens des aiguilles d’une montre. Enfin, une fois tout le monde servit, Henrique termine la cérémonie en refermant lui-même la carafe. Une précision importante : lorsque chaque convive se sert, jamais la carafe ne doit toucher la table.

Ce fut une soirée absolument formidable. Nous nous sommes couchés au petit matin, des idées pleins la tête.


Mardi 19 août 2008 : Quinta do Ervedal – Pinhão – Sabrosa – Santuário de panóis - Vila Real


douro.jpgLa vallée du Douro est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Nous avons donc voulu profiter du paysage qu’offre cette région viticole. Nous avons suivi la route qui longe le fleuve du Douro. Il était difficile pour nous de faire plus de 10 km sans s’arrêter tant ce paysage sec, composé d’oliviers et de vignes était impressionnant. Les rangs de vignes décorent les collines comme des guirlandes sur les sapins de Noël.

Sur notre chemin, nous nous sommes arrêtés à Pinhão, petite ville avec une gare charmante. Des azulejos représentant des scènes de vendanges ou des travaux dans les vignes ornent les murs extérieurs de la gare.

Nous avons continué notre route vers Sabrosa, qui est un petit village à l’allure mexicaine perdu dans la montagne. Nous avons mangé des francesinhas (croque-monsieur arrosé d’une sauce tomate légèrement piquante).

Nous avons continué notre route vers Panóis pour y visiter un sanctuaire romain. Bon, autant le dire tout de suite, il faut être passionné d’histoire et/ou d’archéologie pour en profiter. En effet, c’est un site rocailleux où l’on pratiquait des sacrifices d’humains et d’animaux. Vous l’aurez compris, nous ne sommes pas fans (sauf Vincent, la nuit, à la pleine lune avec un masque de Scream ! y’a t-il des amateurs ?).

Nous avons continué notre route vers Vila Real, histoire de faire le plein pour les pique-niques.

Nous sommes rentrés à la quinta en fin d’après-midi et avons pu visiter l’atelier de peinture d’Henrique (pour plus d’information sur ses toiles, cliquez sur ce lien).

Ensuite, Isabel nous a raconté l’histoire de la quinta. Toutes ces informations feront l’objet d’un reportage dans les prochains mois (et oui, le temps de tout écouter, regarder, monter, corriger… ).

Mercredi 20 août 2008 : Quinta do Ervedal – Porto

PORTO.jpgNous avons quitté la quinta à la mi-journée après des adieux très chaleureux. Nous remercions sincèrement Isabel, pour avoir pris le temps de nous présenter sa maison et de nous avoir guidés dans cette région du Douro. Merci aussi à Henrique pour la visite de l’atelier, les découvertes musicales et le porto. Enfin, merci à Sylvia et Paolo pour les discussions et leur parfait français.


Grâce à Sophie (véritable GPS sur patte), nous avons trouvé facilement notre logement à Porto (c’est un hôtel que nous avions réservé sur le net). Dès l’après-midi nous sommes partis à la découverte de cette ville. La 1ère surprise est le nombre d’églises ou de chapelles au mètre carré. Sophie parcourait les rues escarpées à la recherches des azulejos pendant que Vincent se laissait guider. Nous avons fait aussi un détour par la FNAC (histoire de voir jeter un œil aux produits culturels proposés ici). A ce propos, voici une photo dédicace aux amateurs de BD (ils se reconnaîtront).


Le soir, nous avons dîné dans un restaurant où se produisaient trois chanteurs de fado. Nous vous ferons partager ce moment grâce à quelques prises de son.


Jeudi 21 août 2008 : Porto


Nous avons poursuivi la visite de la ville en commençant par faire un tour au marché de Bolhão où nous avons remarqué que seules les femmes tenaient les commerces.

Après avoir flâné dans la ville, nous sommes allés visiter le musée de la photographie. Le bâtiment est une ancienne prison que le PORTO2.jpgMinistère de la Culture a investit en 1997. Bien entendu quelques anciens appareils sont montrés là, dans des vitrines, un photomaton est rangé le long d’un couloir, on y découvre aussi plusieurs expositions remarquables de styles très différents.

Pour circuler, nous avons utilisé le métro. A ce propos, si quelqu’un peut nous éclairer sur le fonctionnement des titres de transport, nous sommes preneurs (nous ne sommes pas certains d’avoir payé tous nos voyages …).

Porto est une jolie ville (surtout la vieille ville). Mais la campagne commence à nous manquer.

Ce matin, nous prenons la route vers Nazaré.

Jeudi 22 août 2008 : Porto – Nazaré – Patio do Vale

 

Nous avons quitté Porto le matin direction la côte et Nazaré.

poisson-blog.jpgNous avons emprunté une autoroute immense et … déserte. Peu à peu les paysages changent : des forêts de pins prennent formes, les villages sont de plus en plus espacés … Le vent chahute la voiture mais nous arrivons entier dans une cité portuaire nommée Nazaré.

Ici, malgré le tourisme de masse, des traditions persistent. Par exemple, à tous les coins de rue, vous croiserez de vieilles dames qui proposent des chambres à louer, vous verrez également le poisson sécher en bord de plage, et pour les plus chanceux, vous pourrez assister à l’arrivée des pêcheurs, dont les bateaux sont tirés de l’eau par des bœufs (de plus en plus rare). Nous avons déjeuné les fesses dans le sable, à l’abris du vent derrière une bicoque en bois. Notre baignade fut écourtée par le vent et les courants froids de l’océan Atlantique. Mais partir de Nazaré sans grimper jusqu’à Sitio (la vieille ville perchée sur la falaise)se serait passer à côté d’un point de vue à couper le souffle.

Pendant cette escapade, nos narines étaient en éveil : l’odeur des sardines grillées, celle de l’embrun (et non l’enclume comme dirait Vincent !), la morue séchée, … nous aurions tellement voulu vous ramener ces effluves dans une boîte à odeur, mais, nous n’en n’avons toujours pas trouvé !

Une fois les poumons remplis d’une bonne dose d’air iodé, nous reprenons la route pour Alcobaça et le Patio Do Valeeolienne-blog.jpg. Encore une fois, heureusement que nous nous sommes trompés de direction, sinon nous n’aurions pas vécu un moment très spécial. Nous sommes tombés nez à nez avec un parc d’éoliennes, le Parque Eólico de N.a Senhora da Vitriaó : des tours immenses (~70 m de haut) dont les hélices caressent le ciel et déchirent le silence d’un puissant ronronnement. On s’y est senti tout petit face à cette confrontation harmonieuse entre la Nature et la Technologie (sur la photo, regardez bien la taille de la toute petite voiture à côté de la tour, c'est nous !). Bref, nous ne sommes pas sortis indemnes de cette rencontre.

Nous avons tout de même fini par retrouver notre route et atteindre la maison d’ Aldy. Nous aurons l’occasion de décrire cet endroit tout aussi magique où nous avons passé 2 journées. Pour les plus impatients, vous pouvez voir quelques photos sur son blog (en cliquant ici).


Encore une fois, les paysages ont changé ; nous sommes ici dans une région agricole, productrice de pommes et de poires. On peut aussi y trouver quelques moulins à vent toujours utilisés pour y moudre le blé. Nous avons terminé la journée près de l’un d’entre eux : les meuniers y ont installé des jarres sur les hélices qui produisent des mélodies au gré du vent. Ce fut pour nous un bon moment de sérénité.

moulin-blog.jpgNous débutons la soirée avec une brochette de français qui comme nous ont apprécié le Porto (19°) et la très bonne cuisine d’Aldy. Il y avait aussi un couple de Belges avec qui nous avons beaucoup discuté. Tiens, Belgique, Italie, des prochains parcours ne seraient-ils pas en train de se construire ?

Le Porto et le Vinho verde ont eut raison de nous. Nous nous sommes couchés impatients de découvrir ce (et ceux) qui nous entourent.

Nazar--blog-2.jpg


Samedi 23 août 2008 : Patio do Vale – Rio Maior - Óbidos


saline-blog.jpgAprès le petit déjeuner et les confitures maison d’Aldy, nous avons eut la chance d’observer le ramassage de pommes dans les champs voisins. Guidés par Marisa (qui aide Aldy à la maison), nous avons interviewé Alexandre qui nous en a expliqué le fonctionnement … Manque de bol, la batterie du caméscope est tombée en rade au bout d’un petit quart d’heure. On s’est retrouvé comme 2 quiches à lui demander si on pouvait repasser dans l’après midi.

Aldy nous a conseillé de passer par les salines de Rio Maior (elles datent du paléolithique et sont alimentées par des eaux souterraines). Nous n’avons pas été déçu du voyage. Un morceau de bout du monde à 35 km de la mer ! Des cabanes en bois bordent ces espaces blancs. Le sel scintille comme mille diamants sous le soleil écrasant. Le bleu du ciel adoucit le paysage. Ici, peu de touristes ; une odeur de poulet grillé s’échappe des cahutes et la source ruissèle dans un calme apaisant. L’artisanat local vaut le détour (assiettes, bols et … salières finement décorés).


Après le calme, nous nous sommes lancés à l’assaut d’Óbidos : village magnifique mais indiqué dans tous les guides donc très touristique. Notre défi fut donc de parcourir les ruelles les plus éloignées de l’artère principale afin de fuir la foule. Ce ne fut pas facile, mais malgré tout nous avons pu profiter du charme de ces rues pavées de galets ronds où les maisons sont richement fleuries.pommes-blog.jpg


Dans l’après-midi (une fois la batterie rechargée !!), nous sommes retournés voir Alexandre et toute la famille de Marisa qui ramassaient, cette fois-ci, des poires. Nous avons fini l’interview et avons même pu les aider à finir de rassembler les cageots dans une ambiance chaleureuse et familiale. Sous un soleil de plomb, jeunes, vieux, hommes et femmes s’activent vers la remorque du tracteur. Nous avons apprécié cette proximité et l’authenticité de cette famille. Encore merci à tous pour cette rencontre.


La soirée fut encore accompagnée de la cuisine d’Aldy ainsi que d’une nouvelle brochette de gaulois venant des quatre coins de la France.

Dimanche 24 août 2008 : Patio do Vale - Tomar


tomar-blog.jpgLe départ de chez Aldy fut difficile tant nous nous sentions bien dans cette maison. Il y a tant de choses à découvrir dans cette région qu’il faudrait y passer au moins 5 jours. Nous partons vers Tomar.


Sur la route nous passons par Fatima (le Lourdes du Portugal) où en 1917, 3 jeunes gens y ont vu des apparitions divines. Le site est bétonné et des bus entiers se massent sur des kilomètres de parking. Nous ne faisons que passer pour atteindre Tomar


A Tomar, nous avons visité le convento do Cristo (merveille architecturale datant des Templiers) inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le site est grandiose : une église décorée de sculptures, peintures et gravures, une salle immense digne des chevaliers de la table ronde, pas moins de 7 cloîtres (dont certains couverts d’azulejos) et des centaines de fenêtres qui permettent d’admirer le paysage alentour. Ici habitent encore des moines. Le couloir menant au dortoir laissé échapper des chants et des notes de violon.


La fatigue commençant à se faire sentir, nous avons décidé de retrouver notre hébergemetomar2-blog.jpgnt pour la nuit. Les indications données par mails nous ont permis d’arriver à la quinta da Anunciada Velha. C’est une immense maison de maître qui règne sur une propriété viticole. Première déconvenue du voyage, on nous annonce que la chambre réservée a été donnée par erreur à un autre couple. Mais la propriétaire semble avoir lu notre précédente note (jamais sans nos coups de bol) et nous propose pour le même prix un studio : royal !!!


On a pu se prélasser dans la piscine et faire le plein d’énergie avant le trajet de demain : 4 heures de route pour descendre dans l’Algarve (la côte sud du Portugal).


Lundi 25 août 2008 : Tomar – Alte – Santa Barbara de Nexe

Alte-blog.jpgAprès un solide petit déjeuner, nous prenons la voiture pour Faro. L’autoroute traverse le panorama somptueux de l’Alentejo (région du Portugal) : champs d’oliviers, eucalyptus, pins parasol, … la terre devient plus sèche. Les paysages sont vraiment différents de ceux du nord.

Notre première rencontre avec les terres de l’Algarve fut le petit village d’Alte. Pour y arriver, la route était désertique, poussiéreuse, bordant des terres rouges et traversant des champs d’orangers. Encore une fois, nous nous serions crus au Mexique ; si bien que nous espérions voir passer Zorro chevauchant Tornado…

Alte est un village silencieux, fleuri de lauriers roses, aux rues pavées et aux murs blancs. Son église datant du XVIII° siècle a été reconstruite en 1755 après un tremblement de terre. C’est une vieille dame faisant son crochet au frais dans l’église qui nous a donné ces explications en portugais (merci lBarbara-blog.jpga plaquette en français sur la table).

Nous avons continué vers Santa Barbara de Nexe pour y rejoindre la Casa Charneca.

Heureusement que nous avions des indications, car c’était un vrai jeu de piste qui nous a permis de découvrir un trésor. La maison est perchée sur une colline et la terrasse sur le toit offre un point de vue de toute beauté sur Faro. L’accueil est très chaleureux et les bons conseils de Thierry et de Ronny devraient nous permettre de découvrir l’Algarve loin des touristes. C’est pour nous un défi vu que cette région est le bassin touristique du Portugal. Vous voulez une preuve ? C’est la première fois depuis notre périple que nous voyons ces immenses banderoles « we speak English » sur la façade des cafés !!

Nous avons terminé la soirée à contempler les étoiles allongés, sur le toit.

Mardi 26 août 2008 : Santa Barbara de Nexe - Carvoeiro

Bien matinal, Vincent a eu la chance d’observer le lever du soleil (peut-être une prochaine vidéo en ligne ?).

crique-blog.jpgCe matin, nous sommes partis pour une course au trésor. L’objectif : trouver une crique paradisiaque et surtout déserte. Selon les indications de Thierry (notre hôte), en garant la voiture à Carvoeiro, puis en longeant à pied les falaises, nous devrions trouver notre bonheur.

Nous voici donc partis, plus motivés que jamais, sous un soleil de plomb (oui mamans, nous nous sommes bien badigeonnés de crème solaire). Les falaises oranges et ocres contrastent avec une mer bleue turquoise. Cette mer qui nous nargue et qui ne nous offre aucun accès. Les petits chemins escarpés sont bordés de cactus, de petits buissons secs, de palmiers et d’arbres dont nous ne connaissons pas les noms. Nous n’avons croisé personne pendant ce parcours, mis à part un petit serpent (malgré sa phobie, Sophie a été très courageuse). Après plus d’une heure de marche, nous avons trouvé un accès pentu vers une petite plage déserte ; enfin presque, un pêcheur est planté là sur un rocher à 10 mètres de la plage. Nous jouons aux Robinsons et improvisons une petite cabane (rochers, paillasse et serviettes) pour manger à l’abri du soleil. Le retour fut plus rapide et nous avons trouvé une autre crique (avec un peu plus de monde). Nous en avons profité pour faire un peu de plongée (masque et tuba) dans cette eau bien fraîche. Jamais nous n’avions vu autant de poissons (ils formaient des « nuages »). L’eau était limpide et le fond composé de banc de sables, de récifs aux couleurs variées et d’une flore exceptionnelle. Un grand moment …

Cette journée sportive nous a bien épuisé, nous envisageons de nous poser un peu demain et de profiterrobinson-blog.jpg de la piscine.

Mercredi 27 août 2008 : Santa Barbara de Nexe - Faro


Après une rapide visite de Faro (la vieille ville et la Marina), nous avons passé l’après-midi à une activité nouvelle pour nous : farniente !


Jeudi 28 août 2008 : départ de Santa Barbara de Nexe


Lorsque nous nous sommes levés ce matin, une légère mélancolie s’est emparée de nous. L’idée de quitter le Portugal, pays chaleureux où nous avons passé d’excellents moments, nous rend un petit peu tristes.

Mais le ciel exceptionnellement gris (il a fait toujours beau jusqu’à aujourd’hui) semble nous souffler : « allez les petits, il est temps de partir … ». Alors, nous avons fait nos valises et après un dernier « au revoir » à Thierry et Ronny, nous prîmes la route direction Espanha.


Merci à toutes les personnes que nous avons croisé pendant ces 2 semaines. Toutes ces rencontres, des plus furtives (parfois un regard, un geste ou un sourire) aux plus longues, nous ont beaucoup touché.

Il nous reste tant de choses à voir de ce pays (l’alentejo par exemple), tant de discussions à poursuivre et de plats à goûter.

Adeus Portugal et Obrigado …

(Petite vidéo des Déboussolés en hommage)


10.11.2008

Carnet de route en Andalousie

Jeudi 28 août 2008 : Sanlùcar de Barrameda

Un pont traversant le Rio Gradiana relie le Portugal et l’Espagne. Nous sommes entrés dans ce nouveau pays à 13h40. Le soleil nous attendait à la « frontière », comme pour nous souhaiter la bienvenue. La chaleur andalouse n’est pas une légende. Les paysages ressemblent à ceux que nous venons de quitter (secs, parsemés d’oliviers, d’orangers et de cactus), mais avec de grands champs en plus.

A partir de Huelva, et pendant au moins 10 km, chaque pylône électrique est habité par un nid de cigogne. Peut-être est-ce ici leur quartier général où elles fabriquent les bébés pour les déposer dans nos maisons ?

Ensuite, nous traversons difficilement l’arrondissement de Séville. Des centaines d’enseignes géantes bordent une rocade surchargée.

Une fois arrivés à Sanlùcar de Barrameda (au nord de Cadiz) nous partons à la recherche de notre hébergement. Ce ne fut pas aussi facile que prévu. La ville est jolie, mais … ça reste une ville avec sa circulation (grosse galère pour se garer !), son agitation et son bruit. Nous avons finalement décidé de n’y passer qu’une seule nuit afin de rejoindre l’intérieur des terres, vers la sierra de Grazalema. Nous espérons y trouver un peu plus de tranquillité.

Cette journée de transition est marquée par la difficulté de faire le « deuil » du Portugal. Les quelques mots ou expressions d’usages que nous avions appris ne nous sont plus d’aucune utilité. Pourtant, il ne nous est pas rare de dire « obligado » à la place de « gracias » !

En fait, nous allons devoir trouver le rythme espagnol si nous voulons profiter un maximum de ce pays !!

Vendredi 29 août 2008 : Sanlùcar de Barrameda – Arcos de la Frontera – Grazalema

arcos-blog-2.jpgNous nous sommes levés à l’aurore ce matin. Après un rapide petit dèj’ en bord de plage où nous avons observé le soleil se lever, nous prenons la route vers les « villages blancs ».

Le 1er (et non un des moindres) est Arcos de la Frontera. Il est 9h30 et il fait encore bon dans ces ruelles escarpées. Ce village andalou, qui domine la vallée du Rio Guadalete, est un véritable labyrinthe où nous avons aimé nous perdre. Il y flotte une douceur de vivre que nous apprécions. Nous finissons la matinée dans un troquet où la musique (type flamenco) de la radio couvre les discussions viriles de quelques habitués. C’est une clientèle exclusivement masculine qui se trouve là. A tel point que les toilettes pour dames sont encore fermés à clé à 11h du matin.

Nous rejoignons ensuite Grazalema. C’est encore un village blanc (plus petit celui-ci). Nous décidons d’y passearcos-blog.jpgr le reste de la journée ainsi que la nuit. A 16h00, la chaleur est écrasante. Les rues sont vides, mais les maisons bouillonnent de vie. En effet, les volets clos laissent échapper des voix d’hommes et de femmes, de la musique, des cris d’enfants farceurs et de lointaines télévisions. Mais vers 20h00, le paysage se transforme. Tout le monde se retrouve sur la place du village ou dans les bars. Une ambiance joyeuse flotte dans les airs se laissant porter par un vent frais, rafraîchissant la vallée. On s’est assis à une terrasse à observer ces tranches de vie en dégustant quelques tapas. Vincent a goûté son 1er gaspacho et Sophie attend avec impatience de manger une vraie tortillas. Ça y est, nous prenons enfin le rythme et peu à peu ce pays s’offre à nous.

Samedi 30 août 2008 : Grazalema – Zahara de la sierra - Benaojan

sierra-blog-2.jpgCe matin, nous avons emprunté des routes qui serpentent la sierra pour atteindre Zahara. Dominé par une ancienne forteresse Maure, le village surplombe un lac vert qui scintille au milieu de montagnes aux cimes déchiquetées. Nous retrouvons la même douceur de vivre dans ce petit village aux façades blanchies que dans ceux traversés précédemment. Après une petite balade, nous nous enfonçons dans la sierra. Ce paysage pourtant aride nous subjugue. Il y a une âme dans ces sierras. Quelque chose d’irrationnel qui vous prend aux tripes et vous transporte. Il semble que chaque falaise, chaque rocher essaye de nous dire quelque chose. Cette vallée est vivante, nous en sommes certains. Tout à l’air mort, mais pourtant, avec un peu de patience, vous apercevrez la danse d’un aigle impérial au-dessus des pitons rocheux, si vous vous baissez vous pourrez observer ces petites fleurs qui se font une place dans cette terre sèche, et si vous prêtez l’oreille, vous entendrez tous ces insectes et infimes bestioles qui attendent la fraîcheur du soir pour sortir.

sierra-blog.jpg

Après une telle contemplation sous un soleil écrasant, nous avons retrouvé Benaojan où nous faisons étape pendant 2 jours.

Dimanche 31 août 2008 : Benaojan - Ronda

Notre découverte du jour fut Ronda. Cette ville touristique située dans le sud de l'Andalousie, est surtout connue pour :

- Son pont « Puente Nuevo » (98 m de haut) avec son précipice impressionnant qui sépare la vieille ville de la partie plus récente. Vu d’enronda-blog.jpgbas, la ville semble prête à tomber dans le vide !!!
- Ses arènes qui sont les plus anciennes de toute l'Andalousie (construites en 1785).

Nous avons adoré cette ville à taille humaine qui mixe tradition andalouse (corrida, flamenco, bodegas, …) avec culture arabe, héritage des Maures (façades blanches, arabesques, bains, portes, …).

Quelques minutes après notre arrivée dans le centre, nous remarquons qu’une banda se forme prés des arènes. Vincent n’ayant encore fait aucune prise de son en Espagne, branche son enregistreur MD au cas où. L’orchestre ouvre la marche et à chaque mètre la foule grossie : boule de neige colorée qui dévale une montagne pavée. Discussions animées et cuivres reluisants oeuvrent ensemble pour installer une ambiance festive. La banda stoppe le rassemblement sur une place ombragée et déroule son répertoire pour le plaisir des anciens (assis sur des bancs) et des plus jeunes (gesticulant et dansant en rythme). Nous ne comprenons pas vraiment ce qu’il se passe, pourtant il semble bien que le public attend quelque chose. Et puis, très rapidement, de jeunes femmes en costumes traditionnels descendent de calèches fleuries. Elles défilent sous des applaudissements et des « Olé » venant d’un public admiratif. Tout ce beau monde se poste devant une statue. A ce moment nous comprenons que ça doit être une sorte d’hommage. Après nous être renseignés, il s’agissait d’un hommage à Pedro Romero (matador né à Ronda en 1754, considéré comme l’inventeur de la corrida). La feria de Ronda commencera la semaine prochaine.

Ronda-blog-2.jpgNous quittons la foule pour nous promener dans la vieille ville. Nous traversons le Puente Nuevo. Là, les ruelles sont plus calmes. Des musiciens sont installés à l’ombre des lauriers en fleurs. Ces airs de musique traditionnelle flottent paisiblement dans la cité. Nous sommes en Espagne, nous n’en doutons pas un instant. En empruntant un petit sentier, nous arrivons au pied du pont. C’est vraiment un ouvrage impressionnant. Pour la petite histoire, son architecte y est mort pendant la construction. Le malheureux bascula dans le ravin alors qu’il voulait rattraper son chapeau qui s’envolait…


L’heure avance, nos estomacs commencent à se faire entendre. Histoire de ne pas tomber dans un piège à touristes, nous suivons les conseils culinaires du Routard : un petit resto coincé derrière une place où l’on y sert des tapas. Difficile de choisir. Heureusement, nous tombons sur un serveur tout à fait accueillant et patient malgré le monde. Il prend le temps de nous expliquer les différentes tapas proposées, rien qu’à l’entendre parler, c’est un régal… Nous optons pour celles au chorizo et piment/jambon accompagnées d’une assiette d’aubergines frites au miel. C’est tout simplement un délice, une douceur sucrée/salée qui a un goût du reviens-y !

Nous quittons la foule pour nous promener dans la vieille ville. Nous traversons le Puente Nuevo. Là, les ruelles sont plus calmes. Des musiciens sont installés à l’ombre des lauriers en fleurs. Ces airs de musique traditionnelle flottent paisiblement dans la cité. Nous sommes en Espagne, nous n’en doutons pas un instant. En empruntant un petit sentier, nous arrivons au pied du pont. C’est vraiment un ouvrage impressionnant. Pour la petite histoire, son architecte y est mort pendant la construction. Le malheureux bascula dans le ravin alors qu’il voulait rattraper son chapeau qui s’envolait…


L’heure avance, nos estomacs commencent à se faire entendre. Histoire de ne pas tomber dans un piège à touristes, nous suivons les conseils culinaires du Routard : un petit resto coincé derrière une place où l’on y sert des tapas. Difficile de choisir.
jambonblog.jpgHeureusement, nous tombons sur un serveur tout à fait accueillant et patient malgré le monde. Il prend le temps de nous expliquer les différentes tapas proposées, rien qu’à l’entendre parler, c’est un régal… Nous optons pour celles au chorizo et piment/jambon accompagnées d’une assiette d’aubergines frites au miel. C’est tout simplement un délice, une douceur sucrée/salée qui a un goût du reviens-y !

Le soir, nous sommes partis un peu à l’aveuglette pour dîner à Benaojan. Nous avons tourné (comme d’hab), viré (encore) pour échouer dans un petit restau près de la gare. Là encore, la serveuse nous a expliqué avec la plus grande patience la carte. N’y connaissant rien, nous avons suivi ses conseils et goûté le cochon noir. Nous avons terminé avec un gâteau maison : une mousse cannelle, raisins, pignons… nos regards se sont croisés et aussitôt, nous avons pensé au michidos !


Bref, vous l’aurez compris, cette journée a été vraiment chargée, tant en émotions qu’en découvertes (culturelles et gastronomiques).


Demain, nous quittons Benaojan pour Jatar, un village à 1h au sud de Grenade.


Lundi 1er septembre 2008 : Benaojan - Jatar


Nous reprenons la route afin de rejoindre Jatar.

La route dans les sierras est toujours magnifique, mais en arrivant vers la côte et Malaga : horreur !!! Des kilomètres de béton ravagent le paysage. De l’asphalte et du bitume à perte de vue. Des milliers d’appartements enchevêtrés les uns sur les autres, sans aucune logique esthétique. Bienvenue sur la Costa del Sol. Un panneau d’une marque de fast-food (celle avec le M jaune) nous l’annonce avec fierté : « Costa del Sol, 22 restaurante Mc … ». Nous voici prévenus. Heureusement, au bout d’une heure d’autoroute, nous bifurquons dans les montagnes nous éloignant de ce monde de brutes.

Pour trouver Jatar, rien de plus simple : la route, stoppée par les montagnes, s’arrête au bout de ce village. Après nous être installés dans notre logement, il nous est arrivé un truc de déboussolés !!!

jatarblog.jpgCatherine (notre hôte), nous propose que son fils (Lupo, 12 ans) nous guide dans les montagnes afin d'aller nous baigner dans des piscines naturelles. Comme les chemins sont plutôt des pistes caillouteuses, elle nous prête son 4x4 (un vieux Mercedes qui a dû connaître toutes les guerres). Nous nous lançons donc dans l’aventure avec notre petit guide. Ce dernier est un mélange de Mowgli et d’Indiana Jones. Il connaît les montagnes comme sa poche et nous donne les noms de tous les arbres et animaux que nous croisons (tiens, un serpent …). Petite précision : toutes les discussions avec Lupo se font en anglais, sa langue maternelle (ce n’est encore pas aujourd’hui que nous progresserons en espagnol !).

Vincent d’abord intimidé par le monstre d’acier, s’est assez vite (à notre grande surprise !) senti à l’aise, sauf peut-être quand il a dû traverser le torrent en seconde ; « surtout ne freine pas ! » ordonnait Lupo.

Une fois le véhicule arrêté, nous constatons que nous sommes entourés de montagnes. Nous suivons l’aventurier en herbe qui nous fait prendre des sentiers escarpés et escalader des rochers afin d’arriver dans sa piscine naturelle. L’eau transparente et le reflet du soleil donne envie de se jeter dedans mais … elle est glacée !!!! En poursuivant à la nage et en escaladant encore 2-3 rochers, nous atteignons un autre bassin un peu plus chaud avec une petite cascade. Le pied !!! Tous ces efforts en valaient vraiment la peine.

jatarblog2.jpg

Au retour, nous prenons une autre piste avec un magnifique point de vue sur la vallée et les champs de tomates. Après avoir piqué des fraises dans les champs alentours, Lupo nous guide jusqu’à la maison. Le plus fou c’est que cet après midi complètement dingue pour nous était en fait pour ce gamin, qu’une promenade banale.

Mardi 02 septembre 2008 : Jatar – Grenade - Alhama

Ce matin là, nous avons décidé de partir pour Grenade afin d’y visiter l’Alhambra. Ce lieu très touristique a dû limiter son nombre de visiteurs quotidien à … 7 700 personnes ! Et pour cause, c’est ici le site le plus visité d’Espagne. 90 % des places s’achètent à l’avance sur le net. Nous, nous sommes partis, sans réservation (la veille, tout était réservé pour les 4 jours suivants). Nous comptions bien sur nos coups de bol pour obtenir sur place le fameux sésame. Au pire, nous nous sommes dits qu’il y aurait toujours quelque chose à voir dans les environs.

 

alhambrablog3.jpg


Après 1h30 de route et le passage de la ville encombrée de Grenade, nous sommes arrivés au parking de l’Alhambra. Ici, le parking se paie… à la minute ! Vincent commença à paniquer en voyant le nombre de bus garés.


Malgré nos craintes, nous obtenons rapidement 2 tickets (YES !!!).


alhambrablog2.jpgAlhambra est une cité arabe construite au Moyen-Age et encore intacte. Elle est cernée de remparts et composée de palais, bains, mosquée, patios, jardins. Nous nous sommes émerveillés devant les arabesques, les sculptures, les plafonds en forme d’étoiles. Il est vraiment difficile pour nous de décrire cette beauté architecturale, et même nos photos ne reflètent pas ce que nous avons vu. Les couleurs, la lumière, l’ambiance, les parfums rajoutent à cette visite une atmosphère mystérieuse mêlant poésie, spiritualité, romantisme…



Ce n’est pas pour rien que ce lieu fut longtemps appelé par les arabes, « Le paradis perdu ».


C’est à l’heure espagnole, aux environs de 16h00, que nous avons déjeuné en terrasse. Pour le moment, la meilleure tortilla que nous ayons mangé, c’est celle de Carole (jeune mariée qui se reconnaîtra).


Nous avons digéré notre repas dans une source d’eau chaude indiquée par Catherine et Lupo.


Nous avons terminé cette journée en beauté avec un repas gargantuesque : soupe maison, gigot de chevreau accompagné de ses pommes de terres, de pommes farcies aux fruits rouges, d’épis de maïs, d’oignons et de ventrèches ! Rien que ça !


Ce soir nous disons au revoir à cette véritable auberge espagnole : une anglaise mariée à un allemand, un cuisinier autrichien, une employée marocaine et deux enfants nés en Espagne.

Nous avons adoré cette mixité culturelle.


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